Vidéo Lutte contre les violences faites aux femmes : "Nous demandons un milliard" d'euros, affirme Clémentine Autain

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La députée de La France insoumise estime qu'il faut "des moyens financiers pour avoir une politique cohérente et efficace pour lutter contre l'ensemble des violences faites aux femmes".

"Ce que nous demandons, c'est un milliard d'euros pour lutter contre les violences faites aux femmes, parce que ce dont nous avons besoin, c'est d'un investissement sur toute la chaîne, à chaque instant", a déclaré Clémentine Autain, députée La France insoumise (LFI) de Seine-Saint-Denis, tête de liste aux élections régionales en Île-de-France.

Interrogée au lendemain des annonces du gouvernement sur la création d'un fichier des auteurs de violences conjugales et la mise à disposition de 3 000 téléphones grand danger, Clémentine Autain estime que cela va dans le bon sens : "Bracelet électronique, téléphone grand danger, ce sont des méthodes qu'il faut en effet déployer, ça me paraît tout à fait juste. Mais j'insiste sur tout ce qu'il y a en amont : comment on arrive à prévenir, comment on arrive à accompagner des femmes qui viennent" porter plainte.

Former les professionnels

La députée de La France insoumise estime qu'il faut "des moyens financiers pour avoir une politique cohérente et efficace pour lutter contre l'ensemble des violences faites aux femmes et en particulier contre les féminicides". Cet argent doit notamment service à former les professionnels. "Si nous ne formons pas les professionnels de police et de justice, nous n'y arriverons pas. Si on continue à avoir seulement une femme sur dix qui peut avoir accès à un logement quand elle est devant des violences conjugales, comment voulez-vous qu'on empêche la montée en puissance des violences ?" Clémentine Autain dénonce notamment les cures d'austérité successives qui ont affaibli le milieu associatif qui accompagne ces femmes.

"J'ai l'impression que le gouvernement passe son temps à essayer de légiférer", poursuit l'élue LFI, en référence à la "grande loi qui devait être la loi du quinquennat adoptée en plein mois d'août, quatre misérables articles, il n'y avait pas de moyens. Nous réclamions à l'époque une loi cadre, c'est-à-dire une loi avec des moyens comme l'Espagne l'a fait il y a bien longtemps déjà. Nous n'avons pas eu gain de cause sur ces moyens et c'est ce que je regrette".

Une "chaîne de solidarité"

Interrogée sur le manque de coordination entre les services de police et la justice, notamment dans l'affaire de Mérignac, la candidate aux élections régionales en Île-de-France répond rappelle que la victime avait déjà porté plainte et que "l'homme avait été condamné pour violences conjugales" avant de tuer sa compagne en pleine rue. "C'est absolument glaçant."

La justice est-elle laxiste dans ce type d'affaires ? "Il faut regarder au cas par cas. Je ne veux pas pointer spécifiquement la justice, je pense que c'est partout que les maillons sont manquants", répond Clémentine Autain. "Il faut que l'ensemble de la société prenne conscience des mécanismes des violences conjugales et qu'on ait une chaîne de solidarité, de prévention et de répression, mais pas seulement la répression, par ailleurs."

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