Sarthe : la femme défenestrée par son compagnon violent en 2013 sera totalement indemnisée

Elle avait initialement été jugée en partie responsable de son agression et donc partiellement indemnisée par la justice.

La ville du Mans, dans la Sarthe.
La ville du Mans, dans la Sarthe. (GOOGLE MAPS)

La cour d'appel d'Angers, dans le Marine-et-Loire, a décidé mercredi d'indemniser totalement la jeune femme défenestrée par son compagnon violent en 2013 au Mans, dans la Sarthe, rapporte France Bleu Maine. Elle avait initialement été jugée en partie responsable de son agression et donc partiellement indemnisée par la justice. Cette décision suit les réquisitions formulées par le parquet général lors de l'audience, qui s'est tenue fin mai.

La jeune femme est paraplégique depuis les faits

"Il était temps que l'on obtienne ce changement de position", a réagi Me Mathias Jarry, avocat de la victime, auprès de France Bleu Maine. "Nous étions dans un cas de violence institutionnelle, poursuit l'avocat. C'est un combat supplémentaire, un combat de trop." Il n'a pas voulu dévoiler le montant de l'indemnisation mais s'est satisfait d'une somme "qui sera à hauteur de son préjudice". La jeune femme de 31 ans est paraplégique depuis les faits.

En août 2013, cette femme avait appelé les forces de l'ordre pour des violences conjugales. Les policiers lui avaient conseillé de ne pas rester dormir à son domicile parce que ces violences étaient régulières. N'ayant pas trouvé d'autre solution, elle était restée chez elle avant d'être découverte inconsciente, au pied de son immeuble après avoir été défenestrée du deuxième étage par son compagnon.

Celui-ci a été condamné à 15 ans de prison en juin 2016. N'étant pas solvable pour l'indemnisation de la jeune femme, la Commission d'indemnisation des victimes d'infraction avait été saisie pour que l'Etat verse une avance des fonds. Mais le Fonds de garantie des victimes (FGTI) n'avait proposé qu'une indemnisation partielle, estimant que la victime avait commis une faute en dormant chez elle le soir des faits.