Gynécologue parisien accusé de viols : le collectif Stop aux violences obstétricales "scandalisé" par l'absence de "suspension pleine et entière"

"Comment est-il admissible que le professeur Emile Daraï, soit encore autorisé à recevoir des patientes ?", s'interroge ce vendredi sur franceinfo, Sonia Bisch, la porte-parole du collectif StopVOG.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
Sonia Bisch, porte-parole du collectif StopVOG lors d'une manifestation contre les violences gynécologiques devant l'hôpital Tenon à Paris, le 2 octobre 2021.  (OLIVIER ARANDEL / MAXPPP)

Le collectif Stop aux violences obstétricales et gynécologiques (StopVOG) se dit "scandalisé que la suspension pleine et entière du professeur Emile Daraï [accusé de viols] n'aie pas encore été prononcée à titre conservatoire pour l'ensemble de ses fonctions et pour toute la durée de l'enquête et des procédures judiciaires qui le visent", vendredi 8 octobre dans un communiqué, après que l'AP-HP a annoncé que le spécialiste de l'endométriose était "retiré" de ses responsabilités de chef de service et d'enseignant, mais qu'il pouvait continuer à exercer.

"Comment est-il admissible qu'il soit encore autorisé à recevoir des patientes ?", s'interroge la porte-parole du collectif, Sonia Bisch, rappellant que "ce type de suspension est pourtant permise et encadrée par l'article 43 du décret du 17 janvier 1986" et soulignant que "la gravité des faits pour lesquels le professeur est mis en cause est criante : il est soupçonné de viols et de violences, commis dans l'exercice même de ses fonctions de médecin, et ce sur des patientes en position de vulnérabilité extrême car il s'agit de femmes souffrantes, malades, de filles mineures pour certaines".

La militante souhaite "que le gouvernement se saisissent de cette question de santé publique des violences obstétricales et gynécologiques", estimant que "rien n'est fait" alors que le Haut Conseil à l'égalité a alerté sur ces violences dès 2018 dans un rapport intitulé "Actes sexistes durant le suivi gynécologique et obstétrical : reconnaître et mettre fin à des violences longtemps ignorées" et remis à Marlène Schiappa quand elle était encore secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes.

"Nous interpellons le ministre de la Santé Olivier Véran pour qu'il agisse efficacement contre ces violences. Nous nous tenons à sa disposition pour pouvoir échanger concrètement avec lui pour enrayer ces violences et lui présenter nos revendications."

Sonia Bisch, porte-parole du collectif StopVOG

à franceinfo

Le collectif souhaite par exemple une amélioration de la formation des professionnels de santé, une campagne d'information du grand public, la création d'un numéro d'urgence, à l'image du 3919 qui a été créé pour les violences conjugales, ou encore l'amélioration des signalements et des sanctions.

Enfin, le collectif StopVOG réclame l'application véritable et le respect de la loi "Kouchner" adoptée en 2002, qui a inscrit dans le Code de la santé publique (article L1111-4) que "aucun acte médical, rapelle Sonia Bisch, ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment".

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Violences faites aux femmes

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.