Féminicide de Vénissieux : "Quand vous avez en face de vous un individu qui est déterminé à tuer, c'est extrêmement difficile", estime Marlène Schiappa

La secrétaire d'État, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes, est revenue sur la mort d'une femme jeudi, écrasée par son mari en voiture, alors qu'il avait interdiction de l'approcher.

Marlène Schiappa, à franceinfo, le 20 février 2018.
Marlène Schiappa, à franceinfo, le 20 février 2018. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / RADIO FRANCE)

"Quand vous avez en face de vous un individu qui est déterminé à tuer, c'est extrêmement difficile", a réagi vendredi 26 juillet sur franceinfo Marlène Schiappa, secrétaire d'État, chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, après le nouveau féminicide qui a eu lieu jeudi à Vénissieux, près de Lyon (Rhône). Un mari a écrasé sa femme de 43 ans contre un mur avec sa voiture. Il était poursuivi en justice pour violences conjugales et avait interdiction de l’approcher.

"C'est trop facile de dire avec telle ou telle solution magique, on aurait empêché ce meurtre", a-t-elle ajouté faisant référence au bracelet électronique pour les maris violents utilisés dans certains pays.

"Quand vous avez en face de vous un individu qui est déterminé à tuer, quelles qu'en soient les conséquences, c'est une problématique que vous rencontrez dans le terrorisme par exemple comme dans les féminicides, c'est extrêmement difficile", a-t-elle expliqué.

Si on avait des solutions magiques, les gouvernements précédents qui étaient là avant nous les auraient mises en place.Marlène Schiappaà franceinfo

"Il faut sortir des totems et des 'on aurait pu aussi sauver la vie de cette femme si on avait fait ci ou ça avec des solutions magiques'", a-t-elle souligné.

Marlène Schiappa a rappelé la détermination du gouvernement pour lutter "sans relâche" contre les violences conjugales : "Nous avons créé une plateforme avec des policiers et des gendarmes qui sont mobilisés 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 pour accompagner ces femmes vers la plainte et que ces hommes violents soient mieux repérés. C'est pour ça que nous avons lancé le recrutement de 73 psychologues dans les commissariats pour mieux accompagner les plaintes", a-t-elle expliqué.

"Il existe les 'téléphones grave danger'. Nous en payons environ 1 000 par an. Des centaines d'entre eux dorment dans des placards dans des bureaux parce qu'il n'y a pas de décisions de justice qui attribuent ces 'téléphones grave danger'. Depuis des années, on se contente d’une obligation de moyens sans obligation de résultats", regrette-t-elle.

En 2017, 20 000 conjoints violents ont été condamnés. Le gouvernement a annoncé un Grenelle contre les violences conjugales le 3 septembre.