Espagne : polémique après la condamnation de cinq hommes pour "agressions sexuelles" et non pour "viol"

Le tribunal de Navarre a rendu son verdict, jeudi. Les faits se sont déroulés en juillet 2016 à Pampelune, lors des fêtes de la San Fermín.

Des manifestants devant le tribunal de Navarre (Espagne), le 26 avril 2018, protestent contre l\'énoncé d\'un verdict. 
Des manifestants devant le tribunal de Navarre (Espagne), le 26 avril 2018, protestent contre l'énoncé d'un verdict.  (VINCENT WEST / REUTERS)

Cinq Espagnols ont été condamnés à neuf ans de prison par le tribunal de Navarre, jeudi 26 avril, pour des "abus sexuels" commis sur une jeune femme de 18 ans. Les faits s'étaient déroulés à Pampelune, lors des fêtes de San Fermín en juillet 2016. Âgés de 27 à 29 ans, les agresseurs s'étaient eux-mêmes vantés de leurs actes. Sur un groupe WhatsApp intitulé "la meute", ils s'étaient envoyé une vidéo des faits, avec le message "en train d'en baiser une à cinq". 

Sauf que le "viol" n'a pas été retenu par les juges. Le Code pénal espagnol stipule qu'il doit y avoir "intimidation" ou "violence". Une décision qui a aussitôt suscité une vague de protestations. Et ce, dès la sortie du tribunal. Des manifestants ont crié "ce n'est pas un abus sexuel, c'est un viol". Même réaction sur Twitter, avec le hashtag "moi je te crois, ma sœur" ("#YoTeCreoHermana).

"Je ne savais plus comment réagir"

Une manifestation de protestation contre le jugement est annoncée dans la soirée, jeudi 26 avril, dans plusieurs villes d'Espagne. A Madrid notamment, mais aussi à Barcelone où la maire s'est adressée à la victime sur Twitter. "Cela m'indigne qu'après un viol collectif, tu doives supporter la violence d'une justice patriarcale", écrit Ada Colau.

Le jour des faits, en juillet 2016, la jeune victime originaire de Madrid avait raconté avoir bu de la sangria, dansé et fait la fête avec des amis, avant de se retrouver seule sur un banc, où l'un des jeunes était venu lui parler "football" et "tatouage". Elle avait ensuite embrassé l'un des garçons, avant de suivre le groupe, sans "penser qu'allait se produire ce qui s'est produit". "Quand je me suis vue cernée... Je ne savais plus comment réagir... J'ai réagi en me soumettant", a-t-elle résumé devant le tribunal, en décrivant fellations et rapports imposés sans préservatif.