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Violences sexuelles dans le patinage : le ministère "va contrôler toutes les associations, tous les éducateurs" mis en cause, indique Roxana Maracineanu

La ministre des Sports, Roxana Maracineanu, a notamment affirmé mardi sur franceinfo que la patineuse Sarah Abitbol porterait plainte dans l'affaire des viols et agressions sexuelles dont sont suspectés plusieurs entraineurs de la Fédération française des sports de glace.

Article rédigé par France Info
Radio France
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Roxana Maracineanu, ministre des Sports, sur le plateau de franceinfo samedi 12 octobre 2019. (FRANCEINFO)

"Le ministère ouvre des enquêtes et va contrôler toutes les associations, tous les éducateurs qui ont été mis en cause dans les médias", affirme mardi 4 février sur franceinfo la ministre des Sports, Roxana Maracineanu, après les révélations de viols et d'agressions sexuelles contre plusieurs entraineurs de la Fédération française des sports de glace (FFSG). Malgré les demandes répétées de la ministre, son président, Didier Gailhaguet, refuse toujours de démissionner. Elle annonce aussi que la patineuse Sarah Abitbol va porter plainte.

franceinfo : Vous avez convoqué hier le président de la FFSG, Didier Gailhaguet. Qu'est-ce qu'il vous a dit ?

Roxana Maracineanu : Il a pris le parti de dire qu'il n'était pas au courant. Au vu des témoignages qui ont été révélés ces derniers temps, de leur gravité exceptionnelle - on parle d'enfants et d'adolescents marqués toute leur vie par ce qu'ils ont subis - moi j'estime qu'un président d'association doit simplement assumer ses responsabilités d'adulte et de dirigeant.

Le monde du patinage est un petit monde. Il y a 200 associations, 30 000 licenciés. Il y a effectivement un silence institutionnalisé qui nous est remonté par différents témoignages, qui vont au-delà de ceux qui sont sortis dans la presse. Aujourd'hui, à mes yeux, il n'y a qu'une seule décision à prendre et j'invite le comité directeur qui se réunit ce soir à prendre la bonne. Je ne vois pas comment le président d'une association qui va rencontrer des parents au bord des patinoires va pouvoir encore les regarder dans les yeux après les témoignages qui sont sortis sur des faits, qu'ils aient eu lieu durant sa présidence ou avant.

Il dit "je suis un homme clean". Diriez-vous la même chose de lui ?

Cela fait 29 ans qu'il est à la tête de la Fédération. J'entends ce qu'il dit. Je n'ai jamais eu envie de gérer ces cas-là, d'entendre des témoignages de ce type-là. Mais je prends mes responsabilités et j'attends de lui qu'il fasse de même.

N'y-a-t-il que lui qui a fauté pendant toutes ces années ou les différents ministres des Sports ces dernières années ont aussi leur part de responsabilité ?

On n'est pas là en train de rechercher des fautes. L'important, c'est d'aller de l'avant, de voir comment cette fédération - et les autres - vont pouvoir mettre en place des plans de prévention pour que cela n'arrive pas. Aujourd'hui, il faut faire table rase de ce qu'il y a eu avant, il faut accompagner les victimes. J'ai proposé la constitution d'une association de victimes pour que celles qui subissent encore cela aujourd'hui puissent continuer à témoigner. S'il y a des témoignages plus récents aujourd'hui et qu'on a des cas qui se présentent, la justice ouvrira des enquêtes avec beaucoup de diligence je pense qu'il y a trente ans.

Le cas de M. Gailhaguet est celui d'un président bénévole d'une association à qui on demande de prendre ses responsabilités. S'il ne le fait pas, de toute façon, le ministère ouvrira des enquêtes et contrôlera toutes les associations, tous les éducateurs qui ont été mis en cause dans les médias. Et de manière plus générale, contrôler les 200 associations, voir si tout est en règle, si les diplômes des éducateurs sont conformes.

Uniquement dans le patinage ou aussi ailleurs ?

On commence dans le patinage, puis après on ira derrière vers tous les cas qui nous remontent. Dans cette affaire, il y a 250 cas qui ont été mentionnés. Des enquêtes ont été ouvertes dans chacun de ces cas. On va contrôler et si nécessaire, signaler au procureur et sanctionner.

Didier Gailhaguet semble déterminé à rester à son poste. Qu'allez-vous faire ?

J'ai entamé hier la procédure de retrait de délégation. Cela veut dire que nous allons, dans les 15 jours, demander à la Fédération ce qu'elle a fait jusqu'à maintenant et ce qu'elle compte faire pour la suite. S'il y a un constat de carence, l'Etat reprendra la main et ce sera le comité national olympique et le ministère qui s'occuperont des athlètes de haut niveau. L'activité continuera comme aujourd'hui.

La patineuse Sarah Abitbol indique qu'elle n'a pas porté plainte pour le moment. Souhaitez-vous qu'elle le fasse ?

Nous lui avons proposé de le faire. Elle comptait déjà le faire. Elle va porter plainte. Si les faits sont prescrits, c'est à la justice de le dire. Mais au vu de l'ampleur des faits, de tous les cas qui remontent et des plaintes qui seront déposées, je pense que la justice va avoir du travail.

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