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Des vigiles devant des boucheries du Nord : "On sécurise 24 heures parce qu'il y a une attaque claire" des vegans

Le président de la Fédération des bouchers, charcutiers et traiteurs du Nord, Laurent Rigaud, a déclaré, vendredi sur franceinfo, subir depuis 16 mois des attaques des associations vegans.

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Radio France
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Un homme portant un brassard sécurité, le 6 octobre 2016, à Montbéliard (Doubs). (/NCY / MAXPPP)

La Fédération des bouchers, charcutiers et traiteurs du Nord prend l'initiative de poster des vigiles devant des boucheries, samedi 22 septembre, alors que des associations vegans appellent à une journée de mobilisation contre la consommation de viande. Laurent Rigaud, son président, a expliqué, vendredi 21 septembre sur franceinfo, pourquoi une telle décision a été prise.

franceinfo : Pourquoi recruter des vigiles ?

Laurent Rigaud : Tout le monde est au courant que ça fait 16 mois qu'on est attaqués par des associations vegans. On a bien vu ces extrémistes dans la violence qui fracassent nos vitrines. Et puis là, il y a quatre associations qui annoncent le 22 septembre qu'elles vont mener des actions contre nos commerces et ça paraît normal. On a vu de quoi ils étaient capables et avec mes collègues, on a décidé de sécuriser notre outil de travail. Ce n'est pas normal, j'en suis conscient, mais on ne peut pas laisser faire, donc on aura des vigiles au moins dans certains secteurs et on va sécuriser en partie nous-mêmes nos entreprises.

Est-ce que beaucoup de boucheries veulent être surveillées ainsi ?

Maintenant, on en a une sur laquelle on va sécuriser. Je suis en train de faire le tour de mes boucheries lilloises pour savoir s'ils veulent le faire, certains en discrétion et certains visibles. Parce que j'ai des collègues qui se sont déjà fait fracasser deux fois leur vitrine. La question est : qu'est-ce qu'on fait pour nous ? Moi, mes collègues sont tolérants. Ils respectent les vegans, ils font comme ils veulent, mais on ne peut pas accepter, le citoyen ne peut pas accepter, l'élu politique ne peut pas accepter que certaines branches de métier soient attaquées à la vue de tout le monde. Là, on sécurise 24 heures parce qu'il y a une attaque claire de ces extrémistes. Je n'ai pas de problème et on n'a pas de difficultés avec les vegans. C'est ce groupe d'extrémistes et ces associations qui poussent aux attaques, c'est ça qui n'est pas normal. On peut revendiquer, mais pas mener des actions violentes. Ça, ce n'est pas possible.

Les associations disent que c'est un appel pacifiste. Est-ce que vous n'en faites pas trop ?

On ne crie pas au loup. Le 17 septembre, il y a encore eu trois [boucheries] qui se sont fait fracasser. Allez leur dire, à ces trois-là et aux 16 de la métropole lilloise, qu'il n'y a pas de violence et que tout va bien. La réalité, ce n'est pas celle-là, mais on verra. Si demain tout se passe bien et qu'il n'y a pas d'incident ou de dégradation, on pourra dire qu'on revient dans un État de droit. Pour l'instant, on n'est pas dans un État de droit.

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