Une femme sur deux adapte sa tenue vestimentaire pour éviter le harcèlement dans les transports

Près de 90% des femmes ont déjà été victimes de remarques ou de gestes déplacés dans les transports, selon une étude de la Fnaut publiée mercredi.

Près de 90% des femmes ont déjà été victimes de remarques ou de gestes déplacés dans les transports, selon une étude de la Fnaut publiée le 15 juin 2016.
Près de 90% des femmes ont déjà été victimes de remarques ou de gestes déplacés dans les transports, selon une étude de la Fnaut publiée le 15 juin 2016. (DANIEL THIERRY / PHOTONONSTOP / AFP)

Laisser sa jupe au placard pour la remplacer par un pantalon. Près d'une femme sur deux (48%) adaptent leur tenue vestimentaire afin d'éviter le harcèlement dans les transports, selon une étude de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) publiée mercredi 15 juin. L'enquête a été réalisée à partir des réponses de plus de 6 000 usagères des transports publics.

Le Parisien, qui révèle le contenu de cette étude, indique que plus de la moitié des personnes interrogées (54%) n'utilisent pas les transports en commun à certaines heures, notamment en soirée, par peur des remarques ou des gestes déplacés. Elles sont même 34% à abandonner les transports publics pour prendre le vélo, le taxi ou encore leur véhicule personnel pour éviter d'être harcelée.

Dans 89% des cas, les témoins ne réagissent pas

Et pour cause : 87% des femmes ont déjà été victimes de sifflements, de remarques, d'injures, de gestes déplacés voire d'agressions sexuelles, rapporte la Fnaut. L'enquête précise que 86% des cas de harcèlement se sont déroulés en présence de témoins. Dans 89% des situations, ces derniers n'ont eu aucune réaction.

Des bornes d'appel et un numéro d'urgence (31 17 à la SNCF) ont été mis en place pour lutter contre le harcèlement dans les transports. Mais cette mesure a un effet très limité, selon l'enquête de la Fnaut : entre 60 et 70% des usagères ne le connaissent pas.