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Un afflux de touristes, des pubs bondés, des tasses souvenirs: le mariage a des allures de conte de fées économique

Le mariage du siècle en Grande-Bretagne, du prince William et de Kate Middleton, alimente le marché des produits dérivés. Un marché qui pourrait, à terme, rapporter des centaines de millions d'euros.Pourtant, les retombées ne devraient pas être aussi importantes que prévu. Car le mariage a un coût, réévalué à la hausse récemment.
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Les tasses souvenirs officielles sont fabriquées à Stoke-on-Trent, dans le Staffordshire (AFP - PAUL GROVER)

Le mariage du siècle en Grande-Bretagne, du prince William et de Kate Middleton, alimente le marché des produits dérivés. Un marché qui pourrait, à terme, rapporter des centaines de millions d'euros.

Pourtant, les retombées ne devraient pas être aussi importantes que prévu. Car le mariage a un coût, réévalué à la hausse récemment.

Les grands gagnants

- Les supermarchés : ils profiteront des pique-niques et autres repas de famille censés célébrer l'événement à travers le royaume. Les spectateurs devraient dépenser entre 126 et 275 millions d"euros en nourriture et près de 90 millions d"euros en alcool dont la moitié en champagne.

- Les pubs : ils pourront exceptionnellement rester ouverts jusque tard dans la nuit. Ils seront certainement envahis par les Britanniques et par les touristes venus à Londres pour l'occasion. Sorte de musée populaire consacré à la famille royale, le "Windsor Castle", pub situé dans le centre de Londres qui semble avoir archivé les souvenirs les plus rococo des événements royaux depuis sa construction, espère être un lieu incontournable le jour J.

A Bucklebury, le village de Kate Middleton, un circuit touristique propose de découvrir la région où la future mariée a grandi, du premier domicile conjugal de ses parents à l'église de son baptême en passant par le pub que sa famille fréquente.

- Les professionnels du tourisme : près de 600.000 visiteurs supplémentaires sont attendus fin avril à Londres, de quoi doper les réservations de l'Eurostar (+30%) comme celles des hôtels.

- Le petit commerce : le très sérieux "centre de recherche pour le commerce de détail" a, par exemple, prédit que 3,5 millions de tasses à l'effigie du couple princier allaient bientôt orner les buffets du monde entier. A Paris aussi, les articles dédiés au couple ont envahi quelques étals, notamment au sein du magasin British Shop.

- Les parents de Kate Middleton : ils ne font pas seulement partie des grands gagnants parce qu'ils marient leur fille au prince William. A la tête d'une société qui vend des articles de fête par internet, en entrepreneurs avisés, ils ont lancé pour l'occasion une nouvelle gamme d'assiettes en carton assorties d'armoiries quasi-royales. De quoi compenser (113.000 euros) qu'ils vont devoir payer pour le mariage de leur fille.

- Les éditeurs britanniques : prompts à se saisir du conte de fées de l'année, ils n'ont pas oublié les enfants. Un stand spécifique autour du mariage leur est destiné dans la plupart des librairies. Ladybird publie un petit livre illustré sur la romance royale, véritable roman photo où l'arbre généalogique des Windsor et l'historique de l'Abbaye de Westminster, où se tiendra la cérémonie, apportent une touche documentaire. L'éditeur ne diffuse pas de chiffres, mais reconnaît "un intérêt considérable" dans les médias du monde entier.

D'autres surfent sur la vague : Egmont, éditeur des petits livres "Monsieur", "Madame" sort deux "Little Miss Princess" ("Madame Princesse", Hachette), préparés de longue date, mais publiés opportunément à temps pour le mariage.

- La poste et les transports britanniques : des timbres à l'effigie de William et Kate ont été mis en vente, 46 pence (52 centimes d'euros) pour le courrier à l'intérieur du Royaume-Uni, 1,10 livre (1,25 euros) pour le courrier international. L'Australie et le Canada ont également commercialisé des timbres avec l'image du couple. De leur côté, TFL, le gestionnaire des transports en commun londoniens, a décidé de célébrer l'événement en lançant une carte de transport agrémentée du jeune couple.

Au total, les analystes du centre de recherche sur la consommation et de Verdict Research, prévoient environ 620 millions de livres (696 millions d"euros) de bénéfices pour le mariage princier.

Pas de quoi redresser les comptes du pays

La somme est pourtant dérisoire par rapport aux 2,3 milliards d"euros générés par le mariage du prince Charles et de Diana en 1981. Toutes les tasses en porcelaine, verres en carton et bouteilles de bières réunies ne génèreront qu'une centaine de millions de livres. Pas de quoi redresser les comptes d'un pays qui emprunte 100 fois plus pour boucler chaque fin de mois.

Le mariage risque finalement de coûter bien plus cher à l'économie qu'il ne lui rapportera. La raison est simple : les futurs époux ont choisi de se marier un vendredi, et de rendre ce jour férié. Selon un calcul du patronat britannique, chaque jour férié fait perdre 6 milliards de livres à l'économie du pays.

Le 29 avril aura un impact particulier, puisqu'il viendra s'intercaler entre deux autres jours chômés. Il suffira aux salariés de poser trois jours de congés pour enchaîner 11 jours de vacances, s'est désolée la Fédération des petites entreprises, "très inquiète" des conséquences sur la productivité.

Les experts ont du mal à croire qu'un tel événement remonte le moral des consommateurs. "Il y aura peut-être un léger effet transitoire. Mais les grands développements de l'économie, comme l'envolée de l'inflation, ont bien plus d'impact" sur le comportement des Britanniques, assure Howard Archer, analyste du cabinet Global Insight. Robert Jobson, un spécialiste de la royauté, envisage les retombées économiques à plus long terme. "Kate et William sont un atout d'avenir pour le "made in UK" en général", souligne-t-il.

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