Streaming : une "garantie de rémunération minimale" pour les artistes

Producteurs, plateformes de streaming musical et syndicats d'artistes ont signé vendredi un accord pour parvenir à des règles de répartition plus juste des revenus du numérique. La ministre de la Culture, Fleur Pellerin, salue un "accord historique".

(Les plateformes s'engagent à mieux exposer les artistes français © MaxPPP)

Plusieurs artistes, comme Axel Bauer, Albin de la Simone, Mademoiselle K ou encore Fauve, étaient présents à cette cérémonie organisée au ministère de la Culture. Au total, dix-huit signataires ont officiellement paraphé cet accord : des maisons de disque (majors et indépendantes), des plateformes de streaming (Spotify, Deezer), des syndicats d'artistes et plusieurs acteurs de la filière musicale française (Sacem). 

Que contient l'accord ? 

Le texte, qui doit s'appliquer pour les trois ans à venir, prévoit une "garantie de rémunération minimale" pour les artistes "en contrepartie de l'exploitation numérique de leurs enregistrements" . C'est la principale avancée. Le montant de cette rémunération n'a pas encore été fixé mais il le sera "par accord collectif". 

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Un "Observatoire de l'économie de la musique" va être créé afin de garantir une "plus grande transparence de l'économie de la filière musicale" . Les plateformes de streaming s'engagent par ailleurs à "assurer dans leur offre une exposition significative des œuvres d'expression originale française"

"Cet accord est unique en son genre" , s'est félicité le médiateur Marc Schwartz, missionné fin mai par le gouvernement. Même son de cloche du côté de la ministre de la Culture, Fleur Pellerin :

Qu'en pensent les artistes ?

Les réactions sont plutôt positives."Bien sûr, tout n'est pas réglé, beaucoup reste à négocier, mais ce protocole jette les bases d'accords garantissant une juste rémunération des artistes interprètes, garantie par la loi" , écrivent dans un communiqué commun la CGT, la CFDT, la CGC et la Guile des artistes de la musique (GAM).  

"C'est le premier accord de ce type et il est absolument nécessaire de le voir dans un contexte mondial car cette économie est totalement mondiale" , a pour sa part réagi Paul Pacifico, président de l'International Artists Organisation (IAO) regroupant les fédérations d'artistes d'Europe. 

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En 2014, le numérique a généré pour la première fois autant de revenus que les ventes physiques, selon la Fédération internationale de l'industrie phonographique (Ifpi).