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Selon une étude de l'Insee, les élèves dont aucun parent n'a le bac obtiennent beaucoup moins souvent ce diplôme

Ils font également des choix d'orientation moins ambitieux que les enfants de bacheliers, indique cette enquête publiée vendredi.Ainsi, parmi les élèves entrés en 6e en 1995, seuls 49 % de ceux dont aucun parent n'a le bac sont devenus bacheliers, contre 84 % de ceux dont au moins un des parents a ce diplôme.
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Ils font également des choix d'orientation moins ambitieux que les enfants de bacheliers, indique cette enquête publiée vendredi.

Ainsi, parmi les élèves entrés en 6e en 1995, seuls 49 % de ceux dont aucun parent n'a le bac sont devenus bacheliers, contre 84 % de ceux dont au moins un des parents a ce diplôme.

Résultat de la démocratisation du bac menée depuis les années 80, un bachelier sur deux n'a pas de parent bachelier. Mais leurs chances de réussir restent inégales: 23 % d'entre eux ne font pas d'études supérieures, contre 9 % des bacheliers "de père en fils".

"A résultats comparables, les enfants dont aucun parent n'est bachelier font toujours des choix d'orientation moins ambitieux qui brident leur parcours scolaire et réduisent d'autant leur niveau de formation initiale", explique Jean-Paul Caille, chargé d'études à la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance du ministère de l'Education.

Selon lui, "la part d'enfants de non bacheliers décroît au fur et à mesure qu'on avance dans les cursus: des deux tiers des entrants en sixième à la moitié des bacheliers, au tiers des bacheliers généraux, au quart des bacheliers généraux avec mention et à 15% des élèves inscrits en classe préparatoire aux grandes écoles. Tout se passe comme si ces élèves avaient plus de difficultés que les autres à intégrer les créneaux les plus porteurs du système éducatif".

Filères courtes contre filières longues
Cette disparité se retrouve à tous les niveaux: trois ans après le bac, 22 % des bacheliers de première génération ont quitté l'enseignement supérieur sans diplôme, contre 8 % de ceux issus d'une famille de bacheliers. Lorsqu'ils font des études supérieures, les premiers privilégient les filières courtes (sections de techniciens supérieurs et IUT). Au contraire, plus d'un bachelier "de père en fils" sur deux s'engage dans des études longues (universités, grandes écoles).

"C'est bien la manière dont les familles envisagent l'utilité
professionnelle du diplôme qui pèse sur les aspirations de leurs enfants", explique encore M.Caille. Moins de 20 % des parents non bacheliers croient en l'utilité professionnelle des études supérieures, contre 60 % des familles dont l'un des parents a le bac. Du coup, leurs enfants se dirigent moins souvent vers les bacs de séries générales, l'enseignement supérieur et les grandes écoles.

Ils détiennent quatre fois plus souvent un baccalauréat professionnel et deux fois plus souvent un bac de série technologique que les bacheliers dont au moins l'un des parents est titulaire du bac. Ils choisissent moins souvent la série scientifique, qui offre pourtant les meilleurs débouchés. La politique de démocratisation du baccalauréat engagée dans les années 80 a permis aux deux tiers d'une génération d'obtenir le fameux sésame, une proportion stable depuis 1995.

Outre le niveau scolaire de ses parents, un autre critère de réussite est la structure de la famille. Parmi ceux dont aucun parent n'est bachelier, 53% des élèves issus d'une famille unie avec un père et une mère obtiennent le bac, contre 40% des élèves élevés dans des familles monoparentales et 37% de ceux issus de familles recomposées, selon l'étude de l'Insee.

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