VIDEO. 17 mai 1973 : le jour où la France a pris conscience de la mortalité routière

Ce jour-là, les 16 610 habitants de Mazamet se sont allongés sur le sol pour participer à une vidéo de sensibilisation de la sécurité routière qui a fait date.

FRANCEINFO

Plus de quatre décennies après, ceux qui ont vu les images s'en souviennent encore. Le 17 mai 1973, en début d'après-midi, la sirène retentit dans les rues de Mazamet (Tarn). A ce signal, les 16 610 habitants de la ville du Tarn se couchent au sol. Pendant quelques minutes, la ville cesse de vivre. Les voitures sont à l'arrêt au milieu des rues silencieuses. Les habitants gisent, inanimés sur la chaussée, comme morts.

Ce jour-là, Mazamet tout entière participe à une opération de sensibilisation en faveur de la sécurité routière, comme l'a raconté dans Paris Match le journaliste Michel Tauriac, qui a eu l'idée de cette mise en scène marquante.

Plus de 18 000 morts sur les routes l'année précédente

Un équipe de télévision filme "Mazamet, la ville rayée de la carte". La vidéo diffusée à la télévision a un grand retentissement en France. Un an plus tôt, en 1972, la France a recensé 18 034 morts sur les routes, indique la Sécurité routière, contre 3 477 victimes répertoriées en 2016. A l'époque, ce chiffre est comparé à celui de la population d'une petite ville, comme Mazamet.

En réaction, rappelle Europe 1, l'Etat a pris ses premières mesures de sécurité routière fortes : le port obligatoire de la ceinture – à l’avant uniquement, à l'époque – et les limitations de vitesse. En 2018, le gouvernement a pris de nouvelles mesures pour abaisser la vitesse maximale autorisée à 80 km/h sur les routes secondaires. 

Des habitants de Mazamet (Tarn) font le mort le 17 mai 1973 pour les besoins d\'un film en faveur de la sécurité routière.
Des habitants de Mazamet (Tarn) font le mort le 17 mai 1973 pour les besoins d'un film en faveur de la sécurité routière. (AFP)