Un mort dans un accident de trottinette à Paris: "Il faut que les utilisateurs prennent conscience que ce sont des engins dangereux"

Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris, était invité de franceinfo après un accident mortel de trottinette dans la capitale.

Des trottinettes électriques en libre-service (illustration).
Des trottinettes électriques en libre-service (illustration). (STÉPHANIE BERLU / RADIOFRANCE)

Un accident de trottinette a fait un mort à Paris lundi 10 juin au soir, dans le XVIIIe arrondissement de la capitale. Un jeune homme qui circulait sur une trottinette électrique a été percuté par un camion. Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris appelle les usagers à la prudence et la responsabilité.

franceinfo : Faut-il durcir la législation pour éviter les accidents ?

Emmanuel Grégoire : Il faut que les utilisateurs prennent conscience que ce sont des engins dangereux et pas des jouets. Quand on est utilisateur des trottinettes, il faut respecter le Code de la route, ne pas circuler sur les trottoirs parce qu'on met les autres en danger et on le voit à l'occasion de ce drame, on se met en danger soi-même. On observe trop souvent des utilisateurs de trottinettes, parfois de vélos, ne pas respecter les consignes élémentaires de sécurité. On ne grille pas les feux, on respecte les distances de sécurité. Donc, il faut appeler les utilisateurs à la responsabilité. Il y a un débat au Parlement en ce moment sur l'encadrement de ces trottinettes. On doit se poser les bonnes questions.

Quelles seraient les bonnes mesures à mettre en place ?

La maire de Paris souhaite que l'on limite à 20 km/h la vitesse de ces trottinettes, voire à 8 km/h dans les zones de rencontre, c'est-à-dire les zones qui sont en mixité véhicules et piétons. La vitesse limite le risque de collision et limite le risque de blessures. On pense aux collisions entre trottinettes et piétons, mais aussi entre les trottinettes et les vélos, les véhicules où l'absence de protection rend très probable le risque d'avoir des blessures graves.

Un amendement proposant de rendre obligatoire le port de casque a été rejeté vendredi dernier. Qu'en pensez-vous ?

Les associations de vélos sont elles-mêmes très réservées sur l'obligation du port du casque à vélo. Ce que l'on sait, c'est que c'est obligatoire pour les enfants et trop souvent on voit des adolescents circuler en faisant un peu n'importe quoi avec ces trottinettes. Nous on se demande si c'est vraiment la place d'un mineur d'être sur cet engin surtout dans la circulation, alors qu'ils n'ont eu ni formation, ni accompagnement.

Comment faire respecter les règles de sécurité ?

Il y a des systèmes qui permettent de brider les machines lorsqu'on observe des comportements anormaux, et là, on doit travailler avec les opérateurs. Lorsque la maire de Paris a annoncé qu'on voulait une limitation à 20 km/h certains opérateurs l'on fait dans l'heure qui suivait parce qu'ils ont les moyens à distance de brider ces véhicules. Ensuite, il faut qu'il y ait des agents qui verbalisent. Il faut que la police se mobilise sur ce sujet parce qu'il y a un sentiment d'impunité de la part des pilotes de ces engins qui n'est pas acceptable.