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Trottinettes électriques : "Il faut veiller à ce que les trottoirs soient sanctuarisés pour les piétons"

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L'adjoint à la maire de Paris chargé des transports et de l'espace public, Christophe Nadjowski, salue la volonté de la ministre des Transports Elisabeth Borne de vouloir légiférer sur la circulation des trottinettes électriques.

"Je suis assez d'accord avec la philosophie et l'orientation générale qui est présentée" par Elisabeth Borne, a expliqué mercredi 24 octobre sur franceinfo Christophe Nadjowski. L'adjoint à la maire de Paris, chargé des transports et de l'espace public, réagissait à la volonté de la ministre des Transports de créer une nouvelle catégorie de véhicules pour les engins électriques, dont les trottinettes, afin qu'ils ne roulent plus sur les trottoirs mais sur les pistes ou les bandes cyclables. "Il faut veiller à ce que les trottoirs soient sanctuarisés pour les piétons", explique-t-il.

franceinfo : a-t-on vraiment besoin de réguler l'utilisation des trottinettes électriques ?

Christophe Nadjowski : Oui, c'est une nécessité, d'ailleurs nous avons saisi la ministre des Transports, Elisabeth Borne, à ce sujet il y a déjà plusieurs semaines. C'est vrai qu'on a vu l'irruption de ces trottinettes en libre-service depuis quelques mois dans les grandes villes en France, c'est un phénomène d'ailleurs qui est mondial. On peut parler véritablement d'irruption. Et donc ça pose la question de ces nouveaux usages, de ces nouvelles mobilités qui doivent s'intégrer à la ville et pour ce faire, il faut très vraisemblablement adapter aussi nos règles et le code de la route.

Je ne suis pas sûr qu'il soit nécessaire de définir une nouvelle catégorie, de segmenter encore l'espace public [avec des pistes pour trottinettes]. Simplement, il faut prendre en compte ces nouveaux usages, et surtout regarder la question de la vitesse et du différentiel de vitesse. À l'évidence, lorsque vous avez une trottinette qui roule jusqu'à 25 km/h, sa place n'est pas sur un trottoir, parce qu'à cette vitesse, cela peut être très dangereux pour les piétons. La place de ces trottinettes à cette vitesse est plutôt sur la chaussée. Mais cela pose aussi la question de leur insertion par rapport au trafic et à la circulation en général.

Les propositions de la ministre des Transports vous conviennent-elles ?

Il faut veiller à ce que les trottoirs soient sanctuarisés pour les piétons, c'est la première des priorités. Aujourd'hui, ils sont très insécurisés par l'irruption de ces formes de mobilité. Donc je suis assez d'accord avec la philosophie et l'orientation générale qui est présentée. Simplement, je pense que ce qui est important, c'est que l'on ait une concertation avec l'ensemble des usagers. Les usagers piétons, les usagers de ces trottinettes, les usagers cyclistes, les autres usagers de la route, et qu'on regarde ensemble comment on peut intégrer ces nouvelles formes de mobilité dans l'espace public.

Les cyclistes luttent déjà contre les automobilistes qui sont parfois sur les bandes et les pistes cyclables. Pensez-vous qu'une cohabitation entre les cyclistes et les trottinettes soit possible ?

Si l'on a des trottinettes qui roulent jusqu'à 45 km/h aujourd'hui, il est inenvisageable qu'elles puissent circuler sur les pistes cyclables à cette vitesse, parce qu'on serait confrontés à la même problématique que l'on a par exemple avec les scooters. Le différentiel de vitesse dans ce cas peut poser des dangers, notamment pour les cyclistes. À cette vitesse-là, la place d'une trottinette électrique est plutôt dans la circulation générale, ce qui nécessiterait dans ce cas un casque et une immatriculation du véhicule, puisqu'il serait assimilable à un scooter.

Si on limite la vitesse à 25 km/h comme on le fait pour les vélos à assistance électrique, alors effectivement on est sur un engin qui peut être en quelque sorte assimilé à un vélo, et dans ce cas-là, une cohabitation peut être envisagée. Mais en tout état de cause, je pense que ce qui est important aujourd'hui, avant de prendre des décisions, c'est de faire cette concertation avec l'ensemble des usagers.

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