Radars, leurres, drones... Les mesures du gouvernement pour enrayer la hausse de la mortalité sur les routes

Manuel Valls a dévoilé, vendredi, son plan pour faire baisser le nombre de morts sur les routes. 

Des voitures passent devant un radar installé sur une route départementale, à hauteur de Tigery (Essonne), le 6 juin 2007.
Des voitures passent devant un radar installé sur une route départementale, à hauteur de Tigery (Essonne), le 6 juin 2007. (MAXPPP)

Objectif : moins de morts sur les routes. Manuel Valls a dévoilé, vendredi 2 octobre, ses mesures en matière de sécurité routière. Pour la première fois depuis quatre ans, le Premier ministre a réuni un comité interministériel de sécurité routière (CISR).

Après douze ans de baisse, le nombre de morts a augmenté de 3,5% en 2014, à 3 384 victimes, soit 116 de plus qu'en 2013, une tendance qui se confirme sur les huit premiers mois de 2015, avec une hausse de 4,6% du nombre de tués. "Ces chiffres sont inacceptables. Les routes de France ne peuvent pas être un cimetière", a jugé Manuel Valls. Parmi les mesures annoncées : 500 radars supplémentaires et des milliers de cabines "leurres" seront installés sur les routes françaises d'ici à 2018. Francetv info détaille le contenu de ces mesures.

Un suivi continu de la vitesse des automobilistes

Le gouvernement va encourager la pose de boîtes noires dans les voitures pour enregistrer les données de conduite des automobilistes. Ces boîtiers vont enregistrer la vitesse ainsi que les freinages des automobilistes pour permettre de déterminer les responsabilités en cas d'accident. Pour que les conducteurs ne se sentent pas piégés, le gouvernement veut créer une cartographie des vitesses autorisées intégrées aux smartphones, pour connaitre à tout moment la vitesse maximale, rapporte Le Monde.

Le gouvernement souhaite aussi expérimenter l'usage de drones pour détecter les "conduites à risques", mais il n'a pas opté pour la généralisation de l'abaissement de la limitation de vitesse de 90 à 80 km/h sur les routes nationales, comme le préconisait la Ligue contre la violence routière.

L'instauration de radars supplémentaires

Cinq nouveaux "vrais" radars vont être installés sur les routes françaises dans les trois ans à venir, portant leur nombre à 4 700. En plus de ces radars classiques, 10 000 leurres seront mis en place dans le même temps. Ces faux appareils seront les premiers en France.

L'objectif est de multiplier par quatre les "zones radars" qui existent dans le pays, à l'aide de vrais ou faux appareils.

Un encadrement renforcé des deux-roues

Dans le viseur du Comité interministériel de sécurité routière, un encadrement plus large des deux-roues va être instauré, afin de protéger les usagers les plus vulnérables. Cet encadrement s'effectuera via l'instauration d'une visite technique au moment de la vente. Cette mesure vise surtout les scooters en mauvais état ou ceux qui ont été débridés, précise RTLLe port de gants homologués va aussi être obligatoire pour tous les conducteurs pour les protéger en cas d'accidents, a indiqué le Premier ministre, Manuel Valls.

Une "progressivité" dans l'utilisation des motos les plus puissantes va aussi être mise en place avec la nécessité de passer sept heures en moto-école avant de pouvoir piloter une moto de plus de 56 chevaux. 

La fin des passe-droits pour les véhicules de société

C'est bientôt la fin des passe-droits pour les procès verbaux dans les entreprises. Actuellement, lorsqu'un salarié est flashé pour excès de vitesse avec un véhicule d'entreprise, il paie son amende mais ne se voit pas retirer de points. Une pratique que le ministère de l'Intérieur veut supprimer à travers la tenue d'un carnet de bord par l'entreprise, où chaque conducteur sera clairement identifié, sous peine d'une amende de 650 euros.