Rodéos urbains : à Pontoise, les mesures de lutte annoncées par Gérald Darmanin suscitent soulagement et scepticisme

Lundi, le ministre de l’Intérieur a annoncé un renforcement des contrôles de police pour lutter contre les rodéos urbains. À Pontoise dans le Val d'Oise, commune touchée par un nouvel accident début août, les habitants attendaient ces nouvelles mesures.

Article rédigé par
Boris Loumagne - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Rodéo urbain sur la zone industrielle des Paluds, le 18 décembre 2021. (GEORGES ROBERT / MAXPPP)

Des années que ça dure, ces rodéos urbains dans certains quartiers de Pontoise (Val-d’Oise). Alors forcément, pour les habitants les mesures visant à renforcer les contrôles de police annoncées par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, sont une bonne nouvelle. "C’est une bonne chose, mais c’est triste qu’il faille attendre qu’il se passe des drames pour commencer à agir, commente Cindy. Mais ce n’est pas la première fois. Tout le monde le sait, là-bas les habitants sont loin d’être en sécurité."   

Le dernier incident en date évoqué par la mère de famille remonte au vendredi 5 août. Deux enfants de 10 et 11 ans ont été percutés par un motocross. "Si cette enfant reste en vie, elle aura des séquelles neurologiques lourdes", précisait d'ailleurs le parquet de Pontoise sur l’état de la fillette. Le petit garçon a subi lui une fracture du tibia péroné et "une amnésie traumatique". Lundi, un homme de 18 ans, a été mis en examen et écroué après avoir reconnu les faits.  

La question des effectifs  

Les annonces sont donc les bienvenues, mais ces contrôles, encore faut-il pouvoir les opérer dans ces quartiers où la police n'est pas forcément la bienvenue et où d'après plusieurs témoignages, les forces de l'ordre ne répondent pas toujours aux sollicitations des habitants. C'est ce que raconte Vanessa.  

"J’ai des connaissances qui ont appelé la police à de multiples reprises pour essayer de stopper ça et personne ne s’est déplacé."

Vanessa, habitante de Pointoise

à franceinfo

"Donc c’est surtout ça qu’il faudrait, quand on les appelle qu’ils se déplacent. C’est sûr que la police est mal accueillie dès fois, mais bon c’est pour la sécurité des enfants", ajoute-t-elle.  

Les rodéos urbains ne sont pas forcément la priorité des policiers. Chose censée changer après les annonces du ministre. Mais pour François Daoust, adjoint en charge de la sécurité à la mairie de Pontoise, un problème demeure : les effectifs de police ne sont pas extensibles. "10 000 contrôles au mois d’août, je dis 'super, merci monsieur le ministre, allons jusqu’au bout', mais que va-t-il se passer ? Pendant qu’on va venir s’occuper des rodéos, derrière il y aura peut-être un peu moins de lutte contre les points de deal, peut-être que les vols, les cambriolages et les agressions passeront au second plan", énumère-t-il.  

Coupler répression et prévention  

"Ce que je veux dire, c’est qu’une priorité chassant l’autre, on n’aura pas forcément une sécurité sur l’ensemble du spectre de la délinquance."

François Daoust, adjoint en charge de la sécurité à la mairie de Pontoise

à franceinfo

Pour régler ces problèmes, il ne faut pas forcément plus de contrôles mais surtout, conclut l'élu, plus d'effectifs pour mener des enquêtes de fond.

Autre piste à explorer, à Vaulx-en-Velin, dans la métropole de Lyon, où un petit garçon de 5 ans avait été blessé à l’été 2020, des actions de prévention menées par les services de l’Etat et une association, sont parvenues à faire diminuer le nombre de rodéos dans la commune.  

Depuis début avril, 534 interventions ont été recensées pour des rodéos urbains dans le département du Val-d'Oise.

Rodéos urbains : l'exemple de Pontoise (Val d'Oise) - Reportage de Boris Loumagne
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