Routes à 80 km/h : "Je me dis que, de Paris, on ne connait pas très bien la ruralité", dit le président du conseil départemental du Cantal

 Alors que la loi permet désormais de remettre des limitations de vitesse à 90 km/h, le président du conseil départemental du Cantal, Bruno Faure, dénonce des conditions trop strictes pour effectuer ces assouplissements.

Panneau de limitation à 80 km/h au bord d\'une route française.
Panneau de limitation à 80 km/h au bord d'une route française. (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP)

La loi d’orientation des mobilités (LOM) a été publiée jeudi 26 décembre au journal officiel avec une mesure phare assouplie : il est désormais possible de réinstaurer une limitation de vitesse à 90 km/h pour des routes départementales limitées à 80 km/h, sous certaines conditions. Des conditions que critique Bruno Faure, président (LR) du conseil départemental du Cantal, qui attendait cette mesure. 

Lorsque l’on voit toutes ces préconisations : je me dis que de Paris, on ne connait pas très bien la ruralitéBruno Faureà franceinfo

Le texte préconise notamment de ne pas repasser à 90 km/h des tronçons de moins de dix kilomètres qui comporteraient des arrêts de transports en commun ou seraient fréquentés par des engins agricoles. A ces conditions, "venez dans le Cantal, vous ne passerez aucun itinéraire à 90. Donc soit on ne le connait pas, soit c’est une volonté délibérée de rester sur sa position", peste le président du département.

Une commission devra trancher

Les routes concernées devront également être examinées par une commission départementale de sécurité routière. Dans le Cantal, "on attend la convocation", affirme Bruno Faure qui a même l'intention de demander à faire "repasser la globalité du territoire à 90". Cela devrait concerner 4 000 kilomètres de routes départementales. Cependant, les 140 kilomètres de la route nationale 122, gérée par l’État, resteront à 80 km/h, "en dépit du bon sens", juge Bruno Faure.

Repasser à 90 km/h, "ce sont des décisions qui sont lourdes et qu'il faut assumer en conscience" avait prévenu Edouard Philippe en janvier dernier. C’est "un État qui veut nous faire peur et nous culpabiliser", répond Bruno Faure. Ce n’est certainement pas au gouvernement au ministère de l’Intérieur de nous dire ce que nous devons faire".