Les 80 km/h réévalués dans deux ans : une "bonne blague" pour la Fédération des motards en colère

Marc Bertrand, chargé de mission sécurité routière à la Fédération des motards en colère, a expliqué, samedi sur franceinfo, la limitation de la vitesse à 80 km/h est une réforme "pas adaptée aux enjeux de la sécurité routière d'aujourd'hui".

Une affiche contre la limitation de la vitesse à 80km/h sur les routes secondaires lors d\'une manifestation à Nantes (Loire-Atlantique), le 24 février 2018.
Une affiche contre la limitation de la vitesse à 80km/h sur les routes secondaires lors d'une manifestation à Nantes (Loire-Atlantique), le 24 février 2018. (MAXPPP)

Les manifestations se poursuivent, samedi 17 mars, dans plusieurs régions de France, contre l'abaissement, à partir du premier juillet prochain, de la vitesse maximale à 80 km/h sur les routes secondaires. Invité de franceinfo, samedi matin, Marc Bertrand, chargé de mission sécurité routière à la Fédération des motards en colère a de nouveau dénoncé une mesure "mal préparée" et "pas adaptée aux enjeux de sécurité routière".

franceinfo : Edouard Philippe a déclaré qu'il ne cèderait pas face aux "râleries". Est-ce que vous considérez que vous êtes des râleurs ?

Marc Bertrand : On l'a toujours été. C'est comme ça qu'on a réalisé pas mal de progrès en terme de sécurité routière pour les motos, notamment. Là, on n'est pas contents, car c'est une mesure totalement arbitraire, autoritaire et très mal préparée. On voit les rétropédalages du gouvernement depuis deux mois qui nous donne des explications à géométrie variable. C'est n'importe quoi.

Pour calmer les esprits, le gouvernement a expliqué qu'une évaluation de cette mesure serait menée au bout de deux ans. Est-ce que ça peut vous rassurer ?

C'est une bonne blague. C'est comme quand Jacques Chirac avait dit en 2002 que la mortalité routière allait baisser. La mortalité, elle baisse globalement dans tous les pays développés et régulièrement. Le mois dernier, le nombre de morts par rapport à l'année précédente avait baissé. J'ai entendu des responsables politiques qui disaient : "C'est grâce aux annonces qu'on a fait sur le 80 km/h." Aujourd'hui, le nombre de morts n'est pas bon, alors on dit : "Voyez, il faut absolument baisser la vitesse." On sent que ce sont des gens qui font des annonces au doigt mouillé, dans la précipitation, pour nous faire avaler une mesure qui est mal préparée et pas adaptée aux enjeux de sécurité routière d'aujourd'hui.

Les motards en colère manifestent depuis des semaines, mais le mouvement ne semble pas porter ses fruits...

On a jamais vu une telle mobilisation depuis des années à la Fédération des motards en colère, peut-être même qu'on n'a jamais eu de mobilisation aussi intense depuis la création de la Fédération des motards en colère, il y a 40 ans. Je n'ai jamais vu autant de courriers envoyés aux responsables politiques. Je n'ai jamais vu de manifestations incessantes chaque week-end dans toutes les régions. Non, ça prend vraiment de l'ampleur et même les automobilistes sont à nos côtés.