A Vassieux-en-Vercors, village compagnon de la Libération, la mémoire de la Résistance ne s'éteint pas

Hubert Germain, dernier compagnon de la Libération, est inhumé au Mont-Valérien jeudi 11 novembre. Son souvenir et celui de la Résistance restent vifs dans le Vercors, au village de Vassieux-en-Vercors.

Article rédigé par
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min.
La necropole de Vassieux-en-Vercors, village compagnon de la Libération. Plus de 200 des 800 victimes des combats et des représaillles nazis y reposent. (ALAIN GASTAL / RADIO FRANCE)

"Il n'y a plus le témoignage mais il y a le lieu et le lieu n'a pas changé". C'est ainsi que Thomas Ottenheimer, le maire de Vassieux-en-Vercors, village compagnon de la Libération, résume le rôle symbolique du Vercors. Les obsèques d’Hubert Germain, le dernier des 1 038 compagnons de la Libération, ont lieu jeudi 11 novembre. Il sera inhumé au Mont-Valérien, tout près de Paris.

Dans l'Ordre de la Libération, il reste 18 unités militaires et cinq communes parmi lesquelles les villes de Paris, Nantes, Grenoble, l’île de Sein, dont quasiment tous les hommes avaient rejoint le Général de Gaulle à Londres en juin 1940. Et Vassieux-en-Vercors, le village martyr du plateau du même nom, libéré par le Maquis en juin 1944 avant que de terribles représailles des nazis fassent des centaines de morts, notamment parmi les civils. Des évènements très présents aujourd'hui encore dans la mémoire des habitants du plateau. 

"L'engagement dans la Résistance était un engagement militaire"

Pour raconter et faire vivre l'histoire du Vercors, il y a d’abord cette voix, celle de Joseph La Picirella. En ce début 1943, son réseau est en train de tomber à Lyon. Il doit se réfugier dans le Maquis. Il racontait quelques années avant sa mort en 2010 son arrivée dans le Vercors. "On était réceptionnés par le commandant Thivollet [Narcisse Geyer, dit Thivollet] et on nous a dit : si vous êtes arrêtés, vous serez considérés comme hors-la-loi et ce sera la torture et la mort", raconte-t-il.

Cette voix, on l'entend dans le musée de la Résistance de Vassieux, musée qu'il a lui-même crée. Il a fallu des années à Joseph La Picirella pour rassembler tous les objets. Comme cette affiche qui proclame, le 3 juillet, le rétablissement de la République française. Des objets qui racontent tous, à leur façon, l'histoire du Vercors. Pierre-Louis Fillet est le directeur du musée. "Les brassards, les sacs à dos, les cannes, la radio et puis bien sûr les armes pourra rappeler aussi aux jeunes que l'engagement dans la Résistance était un engagement militaire et armé."

"C'est mon rôle de faire connaître cette histoire"

Le musée est un des lieux qui s’imprime dans le regard du visiteur mais il y en a bien d’autres, sur ce plateau qui se croyait à tort une forteresse. Il faudra quand même 10 000 nazis débarqués en planeur pour en venir à bout."Quand vous êtes en haut du mémorial de la Résistance à Vassieux, explique Thomas Ottenheimer, le maire, vous avez la vue sur tout le plateau, on vous explique où était prévu le terrain d'atterissage, explique-t-il. C'est effectivement mon rôle de faire connaître cette histoire et d'essayer de trouver un sens aujourdhui à cette histoire."

Un message que les jeunes générations essaient aussi de faire vivre. A l'image de Quentin, agent forestier, et Romain, charpentier, 18 et 19 ans. "Su le Vercors, on est fiers de connaître notre histoire et de savoir d'où on vient, assure Quentin. On a été petit-fils, parfois arrière petit-fils de Résistants. Continuer à transmettre est essentiel." "C'est important, pour nous les jeunes de faire perdurer cette histoire. Pendant ces événement, ce n'était qu'une grande famille. La solidarité est quelque chose de très important pour nous", conclut Romain.

A Vassieux-en-Vercors, village compagnon de la Libération - Reportage d'Alain Gastal
écouter

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Seconde Guerre mondiale

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.