Sans-abri : une nuit de recensement

La nuit dernière à Paris, des bénévoles ont essayé de recenser les SDF. Ou comment regarder la misère en face, pour mieux la combattre. 

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Pour Sylvie Garrec, c'est une première. Cette professeure de Lettres part au contact des sans-abris le temps d'une nuit. Avec d'autres bénévoles, elle est chargée par la ville de Paris de quadriller son propre quartier, le 19e. Première rencontre avec un homme qui vit sous un parking depuis un an. "Plutôt que simplement conserver cette posture de 'Oh la la, c'est horrible, les pauvres gens, etc., je trouve que s'impliquer, enfin, pour moi, ça me parait nécessaire", confie-t-elle.  

2 000 bénévoles 

Quelques rues plus loin, le contact est plus difficile à établir avec un homme malade qui vit depuis 8 ans à la rue : "Madame, s'il te plait, le respect... Laisse-moi tranquille", lui dit-il. "C'est vraiment des gens dans une très grande détresse, avec un monsieur qui est malade. Là, je me sens complètement démunie, et je me projette aussi un petit peu. Dans dix ans, avec la minuscule retraite que j'aurai, qui sait...", s'inquiète-t-elle. L'objectif de ce recensement, comme ici, Gare de Lyon, est de répertorier grâce à un questionnaire les besoins des sans-abris. Rien que sur la Gare de Lyon, une centaine de personnes a été recensée la nuit dernière. Les résultats définitifs sur Paris récoltés par les 2 000 bénévoles seront connus dans une dizaine de jours. 

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Sans abri à Paris, dans le 10e arrondissement, le 7 février 2018.
Sans abri à Paris, dans le 10e arrondissement, le 7 février 2018. (MAXPPP)