"Quand je vois ça, ça me dégoûte" : l’écœurement des sans-abri après la polémique des vêtements jetés par Celio

Après la publication samedi sur les réseaux sociaux d’une photo montrant des vêtements lacérés et jetés aux ordures par un magasin Celio à Rouen, France Bleu Normandie a recueilli le témoignage de sans-abri, las et écœurés.

Une enseigne Celio à Lyon (illustration).
Une enseigne Celio à Lyon (illustration). (MAXPPP)

"Je suis moi-même dans la galère et quand je vois ça, ça me dégoûte. Je suis estomaqué", lâche Bob, sans-abri dans les rues de Rouen, au micro de nos confrères de France Bleu Normandie. La photo postée samedi 3 février par une Rouennaise a fait le tour des réseaux sociaux : des lambeaux de vêtements de la boutique Celio, retrouvés par des passants dans une poubelle en face du magasin samedi soir. Des passants qui, pour dénoncer cette pratique, ont décidé de les accrocher sur les grilles du magasin.

L’écœurement des sans-abri après la polémique des vêtements lacérés et jetés par Celio - reportage FB Normandie, Victoria Koussa
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Les uns dénoncent, indignés, un gâchis, d’autres une honte. À nos confrères de France Bleu Normandie, les sans-abri rouennais, eux, expriment leur écœurement et leur lassitude. "J’aurais forcément été fouiller, bien sûr, pour récupérer deux trois trucs", poursuit Bob. Je n’ai pas trouvé de vêtements d’enseigne. A chaque fois, c’est jeté, c’est arraché, ce n’est plus portable."

Une initiative anti sans-abri ?

Manu, à la rue depuis quinze ans, n’est pas étonné. "Beaucoup de commerçants n’aiment pas les personnes qui font la mendicité, affirme-t-il. Alors elles sont peut-être capables de faire cela pour qu’on ne puisse pas les récupérer. Pourtant, un jour comme celui-là, cela nous aurait permis d’avoir chaud, d’être propre sur soi."

Sur Twitter, l'enseigne a réagi lundi après-midi. "Les produits détruits concernent uniquement des articles totalement importables : trous, déchirures, grosses tâches indélébiles", écrit Celio qui ajoute que la marque "soutient ADN (Agence du Don en Nature) par des dons réguliers de produits, qui les redistribue ensuite à plus de 750 associations en France".