Les expulsions de Roms ont augmenté l'an dernier avec plus de 11 000 personnes évacuées

Selon un rapport de plusieurs associations, "71% des personnes vivant en bidonvilles et squats" ont été touchées par ces "expulsions intensives".

Un camp de Roms à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), le 6 juillet 2017.
Un camp de Roms à Pierrefitte-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), le 6 juillet 2017. (GODONG)

Les expulsions de Roms ont augmenté en 2017 avec plus de 11 000 personnes évacuées de force de leurs campements, selon un rapport associatif publié mardi 6 février. "Entre janvier et décembre, 11 309 personnes issues de la communauté rom ou désignées comme telles ont fait l'objet d'expulsions de 130 lieux de vie, bidonvilles et squats", indiquent la Ligue de droits de l'Homme (LDH) et l'European Roma Rights Center (ERRC) dans leur rapport annuel. Cela représente "une augmentation de 12% par rapport à 2016".

Au total, "71% des personnes vivant en bidonvilles et squats" ont été touchées par ces "expulsions intensives", ajoute le rapport, élaboré sur la base d'articles de presse, de communiqués et de témoignages.

Des expulsions "sans solutions de relogement"

Comme les années précédentes, les associations déplorent que "la moitié des expulsions" aient été exécutées sans solutions de relogement, ou au mieux "limitées à un hébergement de courte durée" dans des hôtels sociaux ou des gymnases par exemple. "Ces mesures sont en contradiction" avec la circulaire d'août 2012 qui prévoyait un accompagnement social lors des démantèlements, ajoute le rapport.

Dans une circulaire du 25 janvier, le gouvernement s'est fixé pour but une "réduction durable dans les cinq ans" du nombre de bidonvilles. Environ 16 000 personnes vivent actuellement en France dans quelque 570 bidonvilles, dans des conditions généralement indignes (manque d'eau, d'accès aux soins, etc.)