L'ONU s'inquiète de la "stigmatisation croissante" des Roms en France

Le Comité des Nations unies pour l'élimination de la discrimination raciale recommande aux autorités françaises de mener des campagnes de sensibilisation afin de promouvoir la tolérance à l'égard des populations roms.

Un camp de Roms évacué à Bron (Rhône), le 16 avril 2015.
Un camp de Roms évacué à Bron (Rhône), le 16 avril 2015. (NICOLAS LIPONNE / CITIZENSIDE / AFP)

Evacuations forcées, violences, exclusion... Le Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale (Cerd) se dit, vendredi 15 mai, préoccupé par la "stigmatisation croissante" des Roms en France, "y compris par des élus politiques", et émet une série de recommandations.

Des "évacuations forcées" sans "solutions alternatives"

Le Comité de l'ONU évoque un "discours de haine raciale", "l'exclusion et le renforcement des stéréotypes" à l'égard de cette communauté. Il s'alarme aussi des "atteintes incessantes et répétées à leur droit au logement caractérisées par les évacuations forcées de campements où vivent les Roms sans offrir, dans un grand nombre de cas, de solutions alternatives de relogement".

Des informations font également état "de violences répétées par des personnes privées et l'usage excessif de la force par la police lors d'évacuations forcées de campements", s'inquiètent aussi les experts. En conséquence, ils recommandent aux autorités françaises de mener des campagnes de sensibilisation afin de promouvoir la tolérance à l'égard des populations roms et de "prendre en urgence les mesures nécessaires pour [les] protéger contre toutes violences".

"La banalisation du racisme et de la xénophobie"

Par ailleurs, le Cerd se dit "préoccupé par la recrudescence du discours de haine raciale et xénophobe de la part de certains milieux politiques et des médias, qui contribue à la banalisation du racisme et de la xénophobie au sein de la population française".

Les experts sont aussi préoccupés par le fait que la concentration de certaines populations d'origine étrangère ou de migrants dans des zones spécifiques conduit à la création de "ghettos territoriaux et peut conduire à la ségrégation raciale". Ces populations, soulignent-ils, continuent de rencontrer des discriminations, notamment dans l'accès à l'emploi, à la santé et au logement.