La famille de Leonarda a demandé des passeports croates pour contourner l'interdiction française

La famille souhaite obtenir des passeports croates afin de contourner l'interdiction de séjourner en France, car la Croatie est membre de l'Union européenne.

Leonarda Dibrani (2e à D) avec sa famille, le 23 mai 2014, à Mitrovica (Kosovo). 
Leonarda Dibrani (2e à D) avec sa famille, le 23 mai 2014, à Mitrovica (Kosovo).  (ARMEND NIMANI / AFP)

La polémique autour de Leonarda n'est pas terminée. La famille rom kosovare de Leonarda Dibrani, la lycéenne expulsée de France l'année dernière, a demandé, vendredi 23 mai, l'obtention de passeports croates afin de contourner leur interdiction de séjourner en France. Car la Croatie est membre de l'Union européenne. Et en devenant des ressortissants de la Croatie, théoriquement les Dibrani pourraient revenir en France grâce à la libre circulation des personnes dans l'espace Schenghen.

"Oui, nous avons déposé une demande auprès de l'ambassade de Croatie à Pristina [la capitale du Kossovo]. Mon frère qui vit en Croatie était présent. A l'ambassade, ils ont vu que ma femme et quatre de mes six enfants avaient des passeports croates mais dont la validité a expiré", a déclaré à l'AFP Resat Dibrani, le père de la famille. D'après lui, l'ambassade a informé sa famille qu'ils pourraient revenir en Croatie.

"Nous avons une opportunité de fuir le Kosovo"

La mère de Leonarda possède aussi un certificat de citoyenneté croate délivré le 17 janvier 1973 sous son nom de jeune fille Braimi. Les deux plus jeunes enfants de la famille, Medina et Hasan, "obtiendront la citoyenneté croate dès qu'ils seront arrivés en Croatie", a fait savoir Resat Dibrani. "Le passeport croate de ma femme est à son nom de jeune fille, mais lorsque nous rejoindrons la Croatie nous allons nous marier officiellement de manière à ce que je puisse moi aussi obtenir un passeport croate. Nous avons désormais une opportunité de quitter le Kosovo."

Pour l'instant, l'ambassade de Croatie à Pristina n'a pas confirmé ces informations. Mercredi, le Premier ministre Manuel Valls a assuré que la famille Dibrani "ne viendra pas en France". "Cette famille, la famille Dibrani – vous savez quelle était ma position lorsque j'étais ministre de l'Intérieur – n'a rien à faire en France, donc elle ne viendra pas en France", a déclaré Manuel Valls, interrogé depuis Barcelone par i-Télé.