Violences sexuelles dans l'Eglise : l'appel à témoigner des dominicains de Toulouse est une "initiative importante", estime une association de victimes

L'ordre des Dominicains de Toulouse a reconnu pour la première fois des violences sexuelles contre des mineurs au sein de la communauté et appelle les victimes et témoins à parler pour libérer la parole.

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Radio France
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Un enfant choeur dans une église. Photo d'illustration. (LAURE BOYER / HANS LUCAS)

"Il y a des affaires qui resteront à jamais dans le silence, mais c'est une initiative qui est importante", a déclaré Olivier Savignac, président de l’association de victimes d’abus sexuels "Parler et Revivre", alors que les frères dominicains de la province de Toulouse lance un appel à témoignages sur les violences sexuelles subies par des mineurs au sein de leur communauté.

franceinfo : Que pensez-vous de cette initiative des Dominicains ?

Olivier Savignac : C'est singulier qu'une communauté religieuse appelle à ce que des témoignages sortent du silence par rapport à des affaires qui semblent nombreuses. Il y a énormément de travail, cela prendra des années, voire des décennies, il y a des affaires qui resteront à jamais dans le silence, mais c'est une initiative qui est importante. Cela s'adresse aux victimes, à des témoins, à des religieux dominicains qui étaient au courant de faits à l'époque et qui n'ont pas dénoncé leurs confrères. C'est important qu'ils puissent se faire connaître.

Il n'y a pas de limite dans le temps pour cet appel, ni de lieu unique. En quoi est-ce important ?

Les religieux dans les communautés bougent, changent et on les dépayse beaucoup. Dans les années 1970 et 1980, dès qu'il y avait un scandale on envoyait la personne dans un autre lieu. Il faut aussi compter sur cette transversalité, ça ne se limite pas qu'à un lieu.

Souhaiteriez-vous que les témoins ou les victimes parlent aussi à la justice ?

C'est d'abord l'obligation de s'adresser à la justice. C'est ce que je déplore dans ce communiqué parce que la loi impose à toute personne ayant connaissance de faits de les dénoncer directement à la justice. En pratique, lorsque les faits ont été perpétrés dans un lieu il faut s'adresser au procureur de la République du lieu où se sont déroulés les faits. C'est très important qu'en parallèle des témoignages donnés une lettre soit envoyée au procureur de la République qui saisira les instances qu'il faut.

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