Pédophilie dans l'Eglise : un rapport accuse l'ancien pape Benoît XVI d'inaction dans quatre cas d'abus sexuels sur mineurs

Globalement, ce rapport indépendant dénonce des dissimulations systématiques de cas de violences sur mineurs entre 1945 et 2019 qui visaient selon eux "à protéger l'institution Eglise".

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L'ancien pape Benoît XVI, Joseph Ratzinger, à l'aéroport de Munich, en Allemagne, le 22 juin 2020.  (SVEN HOPPE / AFP)

Il était cardinal avant de devenir pape. L'ancien souverain pontife Benoît XVI, 94 ans, a été sévèrement mis en cause dans un rapport indépendant, présenté jeudi 20 janvier en Allemagne, sur des agressions sexuelles envers des mineurs dans l'archevêché de Munich et de Freising, qu'il a dirigé entre 1977 et 1982. Joseph Ratzinger n'a rien entrepris pour écarter quatre ecclésiastiques soupçonnés de violences sexuelles sur mineurs, ont affirmé les avocats du rapport mandaté par l'Eglise lors d'une conférence de presse.

Dans une prise de position transmise aux avocats, le pape émérite rejette "strictement" toute responsabilité. Benoît XVI a toutefois exprimé "son choc et sa honte" face à la pédocriminalité dans l'église allemande, et indiqué qu'il examinerait le rapport "dans les prochains jours".

Une position que les auteurs du rapport ne jugent "pas crédible", a déclaré l'avocat Martin Pusch. Dans deux cas, il s'agissait de membres du clergé qui avaient commis plusieurs agressions attestées, y compris par des tribunaux, souligne-t-il. Les deux prêtres sont restés au sein de l'Eglise et rien n'a été entrepris, a-t-il accusé.

Le "sentiment de honte et de remords" du Vatican

Les experts se sont dits convaincus que Mrg Ratzinger était ainsi au courant du passé pédophile du prêtre Peter Hullermann, arrivé en 1980 de Rhénanie du nord-Westphalie en Bavière, où il a poursuivi des sévices pendant des décennies sans être inquiété.

Les auteurs du rapport ont également épinglé le cardinal Reinhard Marx, actuel archevêque de Munich et Freising, pour avoir fait preuve de négligence dans deux cas de prêtres soupçonnés d'agressions sexuelles sur des enfants. Globalement, le rapport dénonce des dissimulations systématiques de cas de violences sur mineurs entre 1945 et 2019 visant selon eux "à protéger l'institution Eglise".

Le Vatican a redit jeudi son "sentiment de honte et de remords" au sujet de ces violences sexuelles commises par des clercs sur des mineurs, après la publication de ce rapport.

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