Pédocriminalité : la reconnaissance de la responsabilité de l'Église "est un premier pas", selon la directrice de "Témoignage chrétien"

"C'est important mais ce n'est pas suffisant", a déclaré ce samedi sur franceinfo Christine Pedotti, directrice de la rédaction de "Témoignage chrétien", après la reconnaissance de la responsabilité institutionnele de l'Église sur les violences sexuelles. 

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Radio France
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Des évêques de l'église catholique s'agenouillent en signe de pénitence lors d'une cérémonie pour les victimes de la pédocriminalité, à Lourdes, le 6 novembre 2021.  (VALENTINE CHAPUIS / AFP)

"C'est un premier pas", a déclaré Christine Pedotti, samedi 6 novembre sur franceinfo. La directrice de la rédaction de Témoignage chrétien réagissait à la reconnaissance, vendredi, par les évêques, de la "responsabilité systémique de l'Église" dans les violences sexuelles commises par des prêtres sur des mineurs et des adultes vulnérables. "C'est important qu'ils reconnaissent qu'il y a quelque chose dans la structure institutionnelle de l'Église, estime-t-elle, qui a causé à la fois la possibilité de commettre des abus, qu'ils soient dissimulés, cachés et que le silence rêgne. Mais ce n'est pas suffisant".

Un "acte pénitentiel", un appel à la miséricorde divine, est prévu ce samedi à Lourdes par les évêques pour rendre hommage aux victimes. Qu'en est-il de ce qu'ils vont dire aux victimes ?

Christine Pedotti : Tout le problème est là. Avant d'avoir offensé Dieu, le système a violé des corps et des vies humaines. Donc c'est vers ces personnes, ces vies qu'il faut d'abord se tourner. Évidemment les victimes, à raison, ne seront pas satisfaites, s'il s'agit simplement de se tourner vers Dieu. Il faut d'abord se réconcilier avec son frère et je ne l'invente pas, c'est l'évangile qui le dit : avant d'aller prier, va d'abord te réconcilier avec ton frère.

Certaines victimes ont réclamé que les évêques ne demandent pas directement pardon aujourd'hui à Lourdes, il y a des positions différentes.

Je sais que ça a été compliqué pour les victimes de savoir ce qu'il fallait faire parce qu'elles ne voulaient pas être manipulées et instrumentalisées en allant à Lourdes, mais elles pensaient aussi qu'il ne fallait pas couper la relation avec les évêques donc ça a été des décisions extrêmement difficiles à prendre. Certaines ont pensé qu'aller à Lourdes et maintenir la communication avec les évêques était important, d'autres utilisent le slogan "de la parole aux actes". Parce que les mots ça ne coûte pas cher, les actes, il va falloir qu'ils soient décisifs. J'avais demandé la démission collective comme étant un acte coûteux qui permettrait de montrer aux victimes qu'ils ont considéré le poids de leur responsabilité. Donc des victimes, des associations et des catholiques se rassembleront cet après-midi.

Luc Crepi, évêque de Versailles et Président de la cellule permanente de prévention et de lutte contre la pédophilie dans l'Église a dit que les auteurs des faits devraient contribuer à cette réparation et que la porte n'était pas fermée à une participation des fidèles. Qu'en pensez-vous ?

Témoignage chrétien a fait un sondage sur la question. Les catholiques pratiquants, ceux qui vont à la messe tous les dimanches, sont 10% à envisager de payer. L'ensemble des catholiques, c'est 4%, donc ce n'est pas dans ces poches-là que nous allons trouver l'argent mais je pense que les victimes ont besoin que ça soit un processus coûteux. Ça ne peut pas être sans douleur pour le corps même de l'Église et son institution. S'ils n'acceptent pas de se séparer de signes extérieurs de richesse, de montrer quelque chose, ça ne fonctionne pas, la réparation est à ce prix-là.

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