Abus sexuels dans l'Église: "Tant que des décisions n'auront pas été prises, ce sera une catastrophe"

Gino Hoel, rédacteur à la revue chrétienne "Golias", a réagi sur franceinfo aux derniers scandales d'agressions sexuelles qui touchent l'Église alors que le pape lance une grande réunion mondiale sur la protection des mineurs. 

Une messe dans une église en Alsace. (Illustration). 
Une messe dans une église en Alsace. (Illustration).  (VINCENT VOEGTLIN / MAXPPP MAXPPP)

"Tant que des décisions n'auront pas été prises, ce sera une catastrophe", a déclaré dimanche 17 février sur franceinfo Gino Hoel, rédacteur à la revue Golias (revue chrétienne, réformiste et progressiste) à propos de la succession d'affaires d'agressions sexuelles dans l'Église catholique et à quelques jours d'une réunion mondiale convoquée par le pape sur la protection des mineurs dans l'Église.

"Je me demande si les choses vont bouger" 

Gino Hoel n'est pas convaincu que cette réunion produira des effets : "Quand le pape a annoncé cette réunion, il y avait beaucoup d'attentes. Aujourd'hui, j'en suis moins sûr. Je ne suis pas certain, hélas, que ce sommet accouche de quelque chose", estime-t-il. 

Je crois qu'il y a une volonté du pape de faire comprendre aux évêques que c'est un problème systémique et qu'il faut faire quelque chose.Gino Hoelà franceinfo

Malgré la prise de conscience nécessaire, Gino Hoel n'est pas certain que cette réunion mondiale fasse bouger les lignes. "Très franchement, je me demande si les choses vont vraiment changer, et si cela ne va pas être une réunion de blabla, avec in fine aucune décision prise dans l'immédiat."

Le rédacteur à la revue Golias appelle à un changement du droit canonique : "Il y a la responsabilité des évêques. Un évêque qui couvre [des actes de pédophilie, ou d'agressions sexuelles, d'un prêtre de son diocèse] doit être sanctionné, estime-t-il. Selon lui, couvrir ces faits est autant répréhensible, et "je pense que le problème c'est que pour le moment, les évêques sont quasiment intouchables, donc il va falloir, par exemple, modifier certains points du droit canonique, qui est quand même un droit médiéval, où l'on parle des prêtres et des évêques comme 'revêtus de l'ordre sacré' et cela crée des dérèglements. Quand on vous explique que vous êtes un demi-dieu, il arrive un moment où cela vous monte à la tête", conclut-il.