Dimanche en politique, France 3

VIDEO. Eric Ciotti : défendre la laïcité tout en reconnaissant les racines chrétiennes de la France

Eric Ciotti est l'invité de "Dimanche en politique" le 15 avril. Il répond aux questions de Francis Letellier et commente l'actualité.

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Député Les Républicains, président du conseil général des Alpes-Maritimes et proche de Laurent Wauquiez, Eric Ciotti est aussi questeur à l'Assemblée nationale.

Syrie : la France "à la remorque des Etats-Unis"

Que pense cette figure importante de la droite de la posture d'Emmanuel Macron durant l'intervention en Syrie ? "Il y a une fascination pour les Etats-Unis, il y a une américanisation et un suivisme américain. (...) Cette intervention, je la trouve inopportune, je le dis très clairement. Quel est l'objectif ? Quel est l'intérêt ? Est-ce qu'on a sauvé des vies hier ? Non. Les massacres ont eu lieu auparavant. Est-ce qu'on a détruit un potentiel d'armes chimiques ? J'en suis très peu convaincu", commente-t-il.

Eric Ciotti trouve que l’intervention risque de "déstabiliser le combat important contre l’Etat islamique". La Russie ayant été mise à l’écart de cette opération, il  dit ne pas comprendre "cette volonté d’humilier la Russie" : "Quand je vois qu'on aurait prévenu les Russes, tout cela sent la communication politique à la fois pour Trump et pour Macron."

Contestations sociales : "On est très loin du retour de l’autorité de l’Etat"

Sur Notre-Dame-des-Landes, Eric Ciotti "craint un enlisement" et estime que le "gouvernement paye le prix de ses renoncements". Selon lui, il faut surtout "aller au bout" des expulsions de la ZAD.

Eric Ciotti votera en faveur de la réforme SNCF car "c'est une bonne réforme" qui, toutefois, ne "va pas assez loin". "Tout ce qui va dans le bon sens ne nous gêne pas" chez les Républicains assure-t-il, "mais on est très loin de l'ampleur du défi qu’il y a à relever pour SNCF".

Les Républicains : une opposition qui se cherche

Le président empiéterait-il sur les terres de la droite ? Eric Ciotti emploie l’expression d’"Etat macronien", un "pouvoir très centralisé avec une forme d’autorité voire d’autoritarisme" qui "veut tout contrôler" et "qui n’aime pas l’expression démocratique".

En parlant de Christian Estrosi, Eric Ciotti critique un "marcheur camouflé" et appelle à ce qu'il "clarifie ses positions et qu'il serve mieux la ville de Nice".

Thierry Mariani veut des unions de la droite avec le Front national. Pour Eric Ciotti, "c'est une faute. Je suis inquiet de son attitude et si elle devait aller plus loin il n’aurait plus sa place". La ligne rouge à ne pas franchir : "Toute forme d’alliance avec le Front national. "

Une notion ambiguë de la laïcité

La loi asile et immigration est "une loi pas à la hauteur des défis migratoires" selon Eric Ciotti qui dénonce les "problèmes d'intégration" et de "ghettoïsation" dans le pays, qui "a trop d'immigration". Il évoque aussi un "problème avec la frontière franco-italienne", qu’il qualifie de "porte d’entrée des flux migratoires" vers la France. Pour Eric Ciotti, le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb a raison de parler de "submersion" de certaines régions.

 A la conférence des évêques de France, Emmanuel Macron "aurait dû parler de lien entre l'Eglise et la France" car il remet en cause "ce principe essentiel de laïcité". Les liens entre les catholiques et l'Etat ont-ils été abîmés ? Si oui, par qui et par quoi ? "Cette formule me gêne. Emmanuel Macron aurait dû parler de lien entre l'Eglise et la France, la France 'fille aînée de l'Eglise'. Il y a une histoire multiséculaire. Mais il y a une loi qui sépare l'Église et l'Etat. Cela veut dire qu'il remet en cause ce principe essentiel de laïcité. Je suis pour qu'on reconnaisse nos racines chrétiennes. C'est un fait culturel. Et je suis également pour qu'on reconnaisse, qu'on souligne, qu'on soutienne beaucoup plus fortement que ne le fait Emmanuel Macron l'exigence de laïcité", déclare l'homme politique.

Le député Les Républicains Éric Ciotti à l\'Élysée, à Paris, le 30 janvier 2018.
Le député Les Républicains Éric Ciotti à l'Élysée, à Paris, le 30 janvier 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)