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Clichy-la-Garenne : l'Union des associations musulmanes "ne participera pas" à la prière de rue de vendredi, si elle est interdite

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Radio France

Arié Alimi, avocat de l'Union des associations musulmanes de Clichy-la-Garenne (UAMC), assure que la prière de rue, programmée vendredi pour dénoncer la fermeture d'un lieu de culte dans le centre-ville, est "une protestation" mais pas une "provocation".

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a assuré dimanche 19 novembre qu'"il n'y aura pas de prières de rue" à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) alors que l'Union des associations musulmanes de Clichy-la-Garenne avait annoncé son intention d'en organiser une vendredi 24 novembre. Elle dénonce la fermeture de son lieu de culte depuis mars dernier dans le centre-ville.

Arié Alimi, avocat de l'Union des associations musulmanes de Clichy-la-Garenne (UAMC) a assuré lundi 20 novembre sur franceinfo que ses clients "ne participeront pas" à la prière de rue si le préfet décidait de l'interdire.

"Aujourd'hui, rien n'est proposé"

Selon l'avocat Arié Alimi, la prière de rue du vendredi est "une protestation" mais pas une "provocation". "A partir du moment où il n'y a plus de lieu pour 2 000 musulmans, où voulez-vous qu'ils aillent prier ? Il ne s'agit pas d'une provocation mais d'une déclaration en préfecture en bonne et due forme. Aujourd'hui, prier dans la rue n'est pas interdit. C'est conforme au principe de la laïcité jusqu'à ce qu'éventuellement le préfet interdise cette manifestation au risque qu'il aurait un grave trouble à l'ordre public. Si le préfet décide d'interdire, bien évidemment, nous sommes républicains, mes clients le sont également, ils ne participeront pas à cette manifestation", a-t-il assuré.

"Il n'y a pas de compromis. Il y a eu une médiation [le 16 novembre] où rien n'a été proposé à l'UAMC, absolument rien", a-t-il précisé. L'avocat "espère" qu'une solution sera trouvée. "Rien n'est proposé par l'Etat. Si je me contente d'écouter M. Collomb, je suis ravi, mes clients aussi. C’est-à-dire, pas de prière de rue et en contrepartie une solution provisoire parce qu'on a été expulsés, parce qu'on n'a plus de lieu de prière. Aujourd'hui, rien n'est proposé".

"Mes clients veulent juste [avoir] leur lieu [de culte]"

Selon Maître Arié Alimi, nous sommes aujourd'hui dans "un champ de bataille idéologique qui oppose trois intégrismes, l'intégrisme religieux, le laïcisme qui est une autre forme d'intégrisme et qui est représenté par Manuel Valls, et le nationalisme qui est représenté par Marine Le Pen. Ces élus s'inscrivent dans ce champ de bataille idéologique. Ils ont une problématique avec l'islam, avec des musulmans qui n'appartiennent pas à ces intégrismes" a-t-il assuré.

"On voit des maires qui refusent systématiquement des permis de construire et qui préemptent à chaque fois que les associations musulmanes essayent d'acheter un lieu parce qu'ils souhaitent prier sur un lieu privé et non pas sur la voie publique, a-t-il expliqué. Mes clients veulent juste [avoir] leur lieu [de culte]". Ils demandent une "solution provisoire pour trouver un terrain ou un lieu."

Une réunion de conciliation aura lieu lundi dans la soirée

Le préfet des Hauts-de-Seine avait interdit toute nouvelle prière de rue à Clichy-La Garenne après des tensions entre la communauté musulmane et des élus locaux. Le maire Les Républicains de la banlieue parisienne, Rémi Muzeau, avait organisé le 10 novembre, avec d'autres élus de la droite francilienne, une manifestation pour s'opposer à une prière de rue. Une nouvelle réunion de conciliation a lieu lundi dans la soirée à la mairie de Clichy-La Garenne.

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