"Charte des principes" de l'islam de France : "C'est dommage que le CFCM produise ce texte sous la pression politique" déplore le Grand imam de Bordeaux

Les dirigeants du Conseil français du culte musulman sont parvenus samedi à un accord sur une "charte des principes" de l'islam qui était réclamée par l'exécutif.

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Radio France
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L'imam de la mosquée de Bordeaux Tareq Oubrou, le 17 octobre 2019, sur le plateau de l'émission "Vous avez la parole". Photo d'illustration. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Les dirigeants du Conseil français du culte musulman (CFCM) ont annoncé samedi 16 janvier avoir trouvé un accord sur une "charte des principes" de l'islam de France voulue par l'exécutif, qui réaffirme notamment l'égalité hommes-femmes et la "compatibilité" de la foi musulmane avec la République. "C'est dommage que le CFCM produise ce texte sous la pression politique, alors qu'il aurait dû prendre l'initiative par lui-même", a estimé dimanche sur franceinfo Tareq Oubrou, Grand imam de Bordeaux, essayiste et théologien. Le Conseil français du culte musulman aurait dû "déclarer, théologiquement parlant, la compatibilité des valeurs de l'islam avec les lois de la République. C'est dommage, et il y a toujours cette pression des politiques qui force".

La radicalisation "n'est pas dans les mosquées"

La charte comprend plusieurs pages avec des grands principes qui ont été définis, notamment l'égalité hommes-femmes, le rejet de l'instrumentalisation de l'islam à des fins politiques, le respect des règles fondamentales de l'islam et le rejet de certaines pratiques coutumières. "Le problème c'est qu'il n'y a pas accord doctrinal qui expliquerait de quoi il s'agit dans l'islam. C'est un peu le chaînon manquant de cette représentativité cultuelle de l'islam, explique Tareq Oubrou. Ce n'est pas au CFCM de garantir l'égalité hommes-femmes, c'est à la République d'imposer ses lois. Je pense que la République n'a pas besoin de consulter une religion quant à ses valeurs et les valeurs de la République s'imposent de fait sur tous les cultes."

"La radicalisation aujourd'hui est véhiculée à travers les réseaux sociaux, ce n'est pas dans les mosquées ni dans les associations cultuelles, explique Tarek Oubrou. C'est un phénomène social qui doit être traité à tous les niveaux de la société française, depuis l'école en passant par l'entreprise et la formation des enseignants. C'est un travail qui touche tous les acteurs de la société, pas uniquement le culte musulman."

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