Les dirigeants du CFCM parviennent à un accord sur une "charte des principes" de l'islam de France

Cette charte, à l'origine d'une crise au sein du CFCM, a été présentée samedi à Gérald Darmanin lors d'une réunion à Beauvau avec les responsables des trois principaux courants de l'organisation

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Mohammed Moussaoui, le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), lors d'une cérémonie en l'honneur des soldats musulmans de la Première guerre mondiale, au mémorial de Douaumont (Meuse), le 29 juillet 2020. (JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP)

Il a été arraché de haute lutte. Après des semaines de crise, les dirigeants du CFCM sont parvenus samedi 16 janvier à un accord sur une "charte des principes" de l'islam. Elle était réclamée par l'exécutif et doit donner le coup d'envoi d'une vaste restructuration de la deuxième religion du pays.

Ce texte de sept à huit pages réaffirme notamment "le principe de l'égalité hommes-femmes", la "compatibilité" de la foi musulmane avec la République et insiste aussi sur "le rejet de l'instrumentalisation de l'islam à des fins politiques" et la "non-ingérence" des Etats étrangers, a détaillé le président du Conseil français du culture musulman, Mohammed Moussaoui, dans un communiqué.

Gérald Darmanin salue "une avancée très significative"

Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, à qui les trois dirigeants du CFCM ont présenté cette charte samedi à Beauvau, a salué "une avancée très significative" et la marque d'un engagement contre "l'islam politique", selon des déclarations transmises à l'AFP.

Ce texte, qui scelle également "le rejet de certaines pratiques coutumières prétendument musulmanes", doit être validé, peut-être dès dimanche, par l'ensemble des fédérations du CFCM avant d'être présenté au président Emmanuel Macron.

Cette étape permettra de lancer la prochaine mise en place d'un Conseil national des imams (CNI), qui sera chargé de "labelliser" les imams exerçant en France et pourra leur retirer leur agrément notamment en cas de manquement à la charte.

Une pression renforcée depuis l'attentat contre Samuel Paty

Après l'échec de nombreuses tentatives de réformes de l'islam en France, la pression de l'exécutif sur les instances musulmanes s'était encore renforcée avec l'attentat jihadiste contre Samuel Paty mi-octobre et dans la basilique de Nice quinze jours plus tard.

Cette réaffirmation formelle des principes républicains avait été demandée aux dirigeants du CFCM mi-novembre par le président de la République dans la foulée de son offensive contre le "séparatisme" et l'islam radical, qui a été, depuis, formalisée dans un projet de loi bientôt soumis au Parlement.

Le chef de l'Etat avait appelé les représentants musulmans à mettre fin à certaines "ambiguïtés" et entendait aussi mettre fin, d'ici à quatre ans, à la présence en France des 300 imams étrangers "détachés" par la Turquie, le Maroc et l'Algérie. "Si certains ne signent pas cette charte, nous en tirerons les conséquences", avait averti le président.

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