Téléphones dans les prisons : l'expérimentation de Montmédy a apporté "une réelle plus-value"

Alors que le ministère de la Justice envisage d'installer des téléphones fixes dans les cellules des prisons en France, l'administration pénitentiaire a salué, mardi sur franceinfo, une expérimentation menée à Montmédy, dans la Meuse. 

Prison de Montmédy dans la Meuse.
Prison de Montmédy dans la Meuse. (MAXPPP)
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Edité par Mariam El KurdifranceinfoRadio France

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Le ministère de la Justice va installer, progressivement, un téléphone fixe dans chaque cellule des 178 prisons françaises, a appris franceinfo, mardi 2 janvier, confirmant une information du journal Le Monde. Une première expérimentation est menée depuis un an et demi à Montmédy, dans la Meuse. Selon l'administration pénitentiaire contactée par franceinfo, cette expérimentation a apporté "une réelle plus-value", avec plusieurs avantages.

Baisse des trafics et liens familiaux reserrés

Les trafics de téléphones portables ont diminué de plus de 30%. Au premier trimestre 2017, dans les prisons françaises, près de 20 000 mobiles, cartes sim ou autres chargeurs ont été saisis.

L’autre "réussite" de cette expérimentation, ce sont les appels qui ont été multipliés par quatre et qui se sont allongés. Cela signifie que les détenus sont plus en lien avec leurs familles, cela dénoue les tensions et favorise une meilleure réinsertion dans la société à la sortie.

Depuis des décennies déjà, il existe des cabines téléphoniques dans les coursives des prisons mais beaucoup sont détériorées ou en panne et surtout les surveillants n'ont pas assez de temps pour accompagner les prisonniers. Ces téléphones fixes ne sont disponibles qu'en journée, alors qu'avec la nouvelle mesure les téléphones seront accessibles 24 heures sur 24 pour que les détenus puissent contacter leur famille après le travail ou les enfants après l'école.

Un appel d'offre a été lancé pour la signature d'un contrat dès le printemps et les premières installations de téléphones fixes fin 2018. Les détenus pourront appeler des numéros autorisés par le juge ou l'administration pénitentiaire. Chaque détenu disposera de quatre numéros.

Efforts nécessaires pour améliorer le "brouillage"

Le trafic de téléphones portables ne va pas pour autant disparaître. Certains détenus utilisent des mobiles non pour joindre leurs familles mais pour maintenir un lien avec des réseaux criminels. L'administration pénitentiaire continue donc de travailler pour acquérir de nouvelles technologies de brouillage des réseaux mobiles avec une enveloppe de 15 millions d'euros. Le système de brouillage actuel, avec 804 brouilleurs en prison, étant largement dépassé et inefficace, il s'agira de "garantir un brouillage effectif à un instant T" plutôt que "d'acquérir sur catalogue des brouilleurs" très rapidement "caduques".