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"Prison du coeur" : les habitants de Saint-Julien-sur-Suran se prononcent aujourd'hui

Une petite commune du Jura doit voter aujourd'hui pour ou contre l'implantation d'une prison expérimentale conçue par l'homme d'affaire Pierre Botton. Un projet qui divise les habitants.
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Radio France
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Franceinfo (Franceinfo)

Cette "prison du coeur" est une première, l'établissement doit accueillir 120 détenus condamnés pour la première fois à des peines  n'excédant pas cinq ans. Ils auront une grande liberté de mouvement dans son enceinte et posséderont même leur propres clés de leurs cellules.

Pas de quartier disciplinaire, de grillages ni de barbelés, à l'exception de la double paroi d'enceinte grillagée, le but est "d'atténuer le choc carcéral" selon Pierre Botton, à l'origine de ce projet évalué à 10 millions d'euros.

Mais les opposants de la commune de 460 habitants reprochent aux élus de leur avoir imposé le projet, et refusent de voir une prison fleurir au pied des collines.

L'association "Petite montagne, espace de liberté" crée pour l'occasion, revendique 280 adhérents.

"Ce projet ne s'inscrit pas du tout dans notre cadre de vie. Cette prison est démesurée: 190 détenus prévus (120 dans selon l'administration, ndlr) c'est presque le double du nombre d'habitants. Nous voulons le développement à notre taille, à notre rythme" , explique Denis Baillet, le président de l'association.

Un autre membre de l'association confie son inquiétude.

"Dans un village si joli, au milieu des prés et des forêts de sapin, pourquoi venir mettre une verrue?"

Les opposants craignent aussi pour leur sécurité, et évoquent le risque d'évasions ou de trafic que la prison pourrait créer :

"Les gens qui viendront rendre visite aux détenus risquent de rôder aux alentours, de jeter de la drogue par dessus les grillages et peut-être même d'en proposer aux jeunes du village."

L'enjeu est avant tout économique pour cette commune du massif jurassien, car l'établissement pourrrait redynamiser la zone en créant des emplois. Un minicentre commercial devrait même voir le jour.

"Les façades délabrées se multiplient dans notre canton. Cette prison va redynamiser la zone, des emplois vont être créés, des personnes auront besoin de se loger" , estime Antoine Alvarez, un retraité dont la belle-fille a déjà postulé pour un emploi dans l'établissement.

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