Pourquoi les syndicats défilent en ordre dispersé pour le 1er-Mai

CGT et FO manifestent contre la politique de Manuel Valls, tandis que CFDT et Unsa défilent sous la bannière de l'Europe.

Des manifestants défilent à Paris, le 1er mai 2009.
Des manifestants défilent à Paris, le 1er mai 2009. (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Les syndicats célèbrent une fois de plus le 1er-Mai sous des bannières différentes. CGT et FO défilent ensemble jeudi, à Paris, contre la politique du gouvernement Valls, tandis que la CFDT et l'Unsa se rassembleront dans la capitale sous le signe de l'Europe.

Francetv info vous explique pourquoi les principales organisations syndicales ont abandonné les défilés communs.

Ils s'opposent depuis 2012

Mi-avril, le secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, a appelé les organisations syndicales à se rassembler. Une main tendue repoussée par le numéro un de la CFDT, Laurent Berger : "On n'a pas d'objectifs communs à partager", "nous ne pratiquons pas tout à fait le même type de syndicalisme, il ne faut pas se mentir", lui a-t-il répondu.

Depuis 2012, les deux principales centrales se sont surtout opposées sur l'accord national interprofessionnel sur la compétitivité et la sécurisation de l’emploi (ANI) et la réforme des retraites. Aujourd'hui, les nouvelles pommes de discorde s'appellent pacte de responsabilité et plan d'économies budgétaires. Thierry Lepaon dénonce la "mainmise presque idéologique du gouvernement" sur les syndicats signataires du pacte, quand le leader de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, qualifie la CFDT de "syndicat officiel".

Les uns contre "l'austérité", les autres pour l'Europe

La CGT, FO, la FSU et Solidaires, unis contre le pacte de responsabilité et la politique d'"austérité" du gouvernement de Manuel Valls, défileront à partir de 15 heures de la place de la Bastille à Nation, à Paris. Plus de 300 défilés, unitaires ou non, sont aussi prévus en régions, selon la CGT.

Pour leur part, les deux syndicats réformistes, la CFDT et l'Unsa, ont décidé de placer ce 1er-Mai sous le signe de l'Europe. Un rassemblement intitulé "Europe, emploi, progrès social" est organisé en fin de matinée à Paris en présence des leaders Laurent Berger et Luc Bérille.

D'autres mobilisations sont prévues au printemps

Si ce n'est pas le jour de la fête du Travail, les syndicats auront d'autres occasions de se rassembler ce printemps, selon Thierry Lepaon. Le 15 mai, par exemple, lors de la journée d'action des fonctionnaires, pour protester contre l'austérité et le gel du point d'indice jusqu'en 2017. "Le syndicalisme est capable de se rassembler dans les professions pour défendre des revendications précises communes", se félicite le leader CGT, évoquant "un printemps social".

Pour le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, le 1er-Mai et son "côté rituel" ne sont "pas obligatoirement" un bon baromètre du mécontentement et de la mobilisation. Selon lui, la grève du 15 mai sera plus représentative.