"Une fécondation in vitro, ça commence à 8 000 euros" : en Irlande, devenir parent grâce à la PMA est un luxe

Alors que des "centres de fertilité publics" doivent ouvrir en septembre en Irlande, la PMA n'est toujours pas prise en charge par la sécurité sociale dans ce pays. Les couples désireux d'avoir un enfant via la procréation médicalement assistée doivent parfois dépenser des dizaines de milliers d'euros.
Article rédigé par franceinfo
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Une fécondation in vitro (illustration) (CHASSENET / BSIP)

Les "centres de fertilité" publics annoncés depuis quelques années en Irlande verront-ils le jour en septembre ? Dans le seul pays européen où la procréation médicalement assistée (PMA) n'est pas prise en charge par la sécurité sociale, le déploiement de ces centres est sans cesse retardé. Les fécondations in vitro (FIV) devaient devenir gratuites en 2021, alors que beaucoup de couples doivent se tourner vers les cliniques privées. Dans ce pays, fonder une famille relève parfois du luxe.

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Dans leur jolie maison en briques rouges, Aidan et Isabel ont une vie tout à fait ordinaire. De bons emplois et deux enfants en bonne santé. La particularité, c'est que la conception de leur deuxième garçon leur a coûté 20 000 euros. Isabel se souvient : "On est ensemble depuis qu’on est ados. Quand on était jeunes et naïfs, on se disait qu’on aurait trois enfants sans problème ! Mais ça ne s’est pas passé comme prévu…"

"Chaque perfusion coûtait 300 euros"

Après trois fausses-couches, le couple décide alors de se tourner vers la PMA pour concevoir le petit frère d'Henry. Aidan raconte : "On ne s’est pas fixé de limite, on aurait essayé de trouver de l’argent quelque part parce qu’on avait tellement envie d’un deuxième enfant. Il y a des pensées difficiles. Vous prenez des décisions concernant un membre de votre famille. Est-ce financièrement viable d’accueillir un enfant ?"

Il y a eu trois ans de privations, sans vacances, avant de pouvoir accueillir le petit Theo. "En regardant les prix, on a vu qu’une FIV, ça commençait à 8 000 euros, détaille Isabel. On s’est dit que l'on pouvait s’en sortir, en se privant de vacances. J’avais une infirmière qui venait régulièrement me faire des perfusions de jaune d’œuf pour booster mon système immunitaire… Chaque perfusion coûtait 300 euros."

Isabel critique un système qui profite de la situation de certains couples : "On faisait vraiment tout ce que l’on pouvait. Je connais des cliniques qui ont volontairement transféré des embryons de pauvre qualité. Au final, c’est un business lucratif pour les cliniques." 

Pas de troisième enfant

Le couple a finalement décidé de ne pas faire le troisième enfant dont il rêvait pourtant au départ. Aidan explique : "On a encore des œufs viables congelés, mais on a décidé qu’on ne va pas en faire d’autres. L’aspect financier et les challenges de la PMA nous ont convaincus d’arrêter à deux". Pour Isabel : "On en rigole aujourd’hui en disant que cet enfant n’ira pas étudier parce qu’il a dépensé tous ses frais d’université !
C’était tellement d’argent et il y a tellement de gens qui ne peuvent pas se le permettre, ça brise le cœur."  

L’absence de prise en charge pénalise particulièrement les couples LGBT et les femmes seules qui comptent sur la science pour fonder leur famille.

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