Pénibilité et retraites : Ayrault confirme la piste d'un compte épargne individuel

Alors que le gouvernement a prévu de présenter son projet de réforme des retraites "d'ici la fin de l'été", le Premier ministre s'est prononcé ce mardi matin pour la mise en place d'un compte d'épargne individuel qui prendrait en compte la pénibilité du travail. Une mesure qui devrait faire passer la pilule de l'allongement de la durée de cotisation du côté des syndicats. Mais le patronat craint les conséquences financières.

(Maxppp)

Jean-Marc Ayrault a donc dévoilé ce mardi matin, en partie,  ses
"pistes de réflexion " pour le projet de réforme des retraites de son
gouvernement prévu pour être présenté le 18 septembre prochain en Conseil des
ministres. Lors d'une visite matinale à des salariés d'un chantier de tramway
de Vélizy, dans les Yvelines, le Premier ministre a indiqué que le texte
comporterait un volet sur la pénibilité au travail.

"Dans aucune autre réforme des retraites, la question
de la pénibilité au travail n'a été prise en compte donc nous voulons marquer
cette réforme à venir par des mesures ambitieuses sur ce sujet
", affirme Jean-Marc
Ayrault. Pour changer la donne, le chef du gouvernement entend reprendre à son
compte l'une des mesures proposées par le rapport Moreau présenté en juin
dernier
: "le compte individuel pénibilité ".

A écouter : "La réforme doit prendre en compte les inégalités " (Jean-Marc Ayrault)

 "Il s'agit en fait d'un compte d'épargne " pour les
salariés exerçant un travail qui a des conséquences sur la qualité ou la durée
de la retraite. Pour quoi faire ? Jean-Marc Ayrault envisage trois applications
concrètes :

"Un crédit de formation pour une reconversion dans
l'entreprise en vue d'un travail moins difficile.
" "Un travail à mi-temps en transmettant un savoir " "Des points qui permettraient de gagner des trimestres
et qui permettraient de partir plus tôt à la retraite
"

Quel financement pour ce compte épargne ?

Jean-Marc Ayrault n'a pas répondu sur ce point. D'après le
rapport Moreau, ce dispositif de compte épargne coûterait quelque 2,1 milliards
d'euros (en prenant en compte les financements de la formation, des mesures de
temps-partiels et les départs anticipés). 

La mesure appaise donc des syndicats très remontés
contre l'allongement prévu de la cotisation
 (journée de mobilisation prévue le 10 septembre), mais elle fait hurler le patronat. 

Si l'Etat devrait prendre en charge une partie de la facture (peut-être grâce à une hausse de la CSG)... les
entreprises participeront également au financement via une nouvelle cotisation et
une "surcotisation" pour celles qui imposent un travail pénible à
leurs salariés. Pour la CGPME, c'est "une usine à gaz (...) accroissant
d'autant plus les difficultés des petites entreprises
".

La prochaine réunion de concertation avec les partenaires
sociaux les 26 et 27 août prochains s'annonce d'ores et déjà tendue. D'après le calendrier du gouvernement, la loi devrait être votée "avant Noël 2013".