A Paris, "les casseurs sont des personnes extérieures qui veulent discréditer la Nuit debout"

Un groupe de 300 personnes a commis des dégradations, dans la nuit de jeudi à vendredi, en marge du rassemblement de Nuit debout place de la République.

Des ouvriers remplacent la vitrine d\'un concessionnaire brisée par des manifestants la veille, à Paris le 15 avril 2016.
Des ouvriers remplacent la vitrine d'un concessionnaire brisée par des manifestants la veille, à Paris le 15 avril 2016. (MAXPPP)

Des vitrines brisées, des abribus détruits, des poubelles brûlées… En marge du rassemblement du mouvement Nuit debout, place de la République, à Paris, un groupe d'au moins 300 personnes a commis des dégradations dans les 10e et 19e arrondissements de la capitale, jeudi 15 avril, a annoncé la préfecture de police. Le mouvement a démarré peu après 22 heures, à la fin de l'émission "Dialogues citoyens" sur France 2, où François Hollande s'est exprimé pendant près de deux heures.

"Le président a annoncé que la loi Travail ne serait pas retirée, ce qui a énervé beaucoup de monde place de la République", rapporte Floryan, un des manifestants, à francetv info. Au départ, les militants annoncent vouloir marcher vers l'Elysée, pour y accueillir François Hollande, après son intervention sur France 2.

"Ce sont des cibles symboliques"

Un cordon de police les dévie de leur itinéraire. Alors que le groupe se dirige vers Stalingrad, des jeunes, cagoulés pour certains, brisent sur leur passage des vitrines, des abribus ou encore des véhicules Autolib. Des manifestants crient "la rue est à nous !", pendant qu'une agence de Pôle emploi est dégradée.

"Ce sont des cibles symboliques, on voit bien que les casseurs n'ont visé que des banques ou des chaînes de supermarchés", estime Floryan, qui ajoute toutefois que "la violence n'est jamais justifiée". "Les autres manifestants ont protesté, mais ce n'était pas leur rôle d'arrêter ce groupe d'une dizaine de casseurs", dit-il.

"Ces casseurs ne sont pas liés à la Nuit debout"

Alors que les militants arrivent près de la station de métro Colonel Fabien, des forces de police sont déployées en nombre. "On s'est aussitôt dispersés dans les rues autour, par petits groupes, raconte le jeune homme de 27 ans. On voulait éviter tout affrontement avec la police."

Les forces de l'ordre ont toutefois intercepté certains participants à cette manifestation sauvage et procédé à divers contrôles d'identité. "Des enquêtes sont d'ores et déjà en cours pour identifier les auteurs de ces faits et les traduire devant la justice", a assuré la préfecture de police dans un communiqué, jeudi soir.

Selon Floryan, les casseurs ne sont toutefois "pas liés à la Nuit debout". "Je pense qu'il s'agit principalement de personnes extérieures, qui veulent discréditer le mouvement, affirme-t-il. Comme nous le répétons tous les jours place de la République, la Nuit debout est pacifiste."