"Nuit de la solidarité" pour recenser les sans-abri : pour la mairie d'Arras, "l'enjeu est d'aller vers ceux qui sont invisibles"

"Nous allons adapter nos politiques pour agir de manière plus juste et plus performante", assure Jean-Pierre Ferri, adjoint au maire d'Arras, chargé de la cohésion sociale et du logement.

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Radio France
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Une personne sans-abri à Strasbourg (Bas-Rhin), le 12 février 2021. (JEAN-MARC LOOS / MAXPPP)

"L'enjeu c'est d'ajuster nos politiques par rapport aux situations que nous allons rencontrer", a expliqué jeudi 20 janvier sur franceinfo Jean-Pierre Ferri, adjoint au maire d'Arras, en charge de la cohésion sociale et du logement, à l'occasion de la Nuit de la solidarité qui a lieu ce jeudi soir dans plusieurs villes de France pour recenser le nombre de personnes sans-abri. Leur nombre était estimé à près de 300 000 en 2020 en France soit deux fois plus qu'il y a dix ans selon la Fondation Abbé Pierre. "L'enjeu est d'aller vers ceux qui sont invisibles", poursuit Jean-Pierre Ferri.

franceinfo : C'est la première fois qu'Arras participe à cette opération. Comment cela va se passer ?

Jean-Pierre Ferri : Il y a des binômes composés de médiateurs de rue, d'acteurs d'une association qui lutte contre le sans-abrisme, qui iront sur cinq secteurs que nous avons prédéfinis autour de la gare d'Arras, notamment, pour aller à la rencontre de ces personnes dépourvues de logement. Nous allons également en lien avec l'Insee participer à un recensement parce que pour ces publics-là il nous faut une visibilité que nous n'avons pas toujours.

Quel est l'enjeu ?

C'est vraiment d'administrer un petit questionnaire de manière bienveillante et empathique pour repérer quelques informations utiles sur leur situation actuelle, sur leur état de santé, la crise Covid. Est-ce qu'ils sont suivis ? Est-ce qu'ils ont pu recevoir les doses du vaccin ? L'enjeu c'est vraiment d'aller vers eux, sans jugement, avec un esprit d'écoute, de l'empathie et de la bienveillance.

Savez-vous combien de sans-abri il y a dans votre ville ?

J'ai un certain nombre d'éléments. Nous avons un engagement historique sur ces questions liées à l'errance sociale, donc nous avons en suivi une quinzaine de personnes que nous accompagnons, mais l'enjeu ce soir est d'aller vers ceux, pardon pour l'expression, qui sont invisibles. Celles et ceux qui refusent tout accompagnement, d'entrée dans quelques dispositifs que ce soit. L'enjeu c'est d'ajuster nos politiques par rapport aux situations que nous allons rencontrer.

Que se passera-t-il ensuite ?

Dès ce jeudi soir et vendredi matin nous allons procéder au dépouillement des questionnaires et nous allons faire le point sur toutes les réalités que nous auront découverte ce soir, cette nuit et derrière nos accueils de jour, de nuit, nos accompagnements, nos maraudes. Nous allons adapter nos politiques pour agir de manière plus juste et plus performante.

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