VIDEO. Comment François Hollande s'est contredit sur le sort de la centrale de Fessenheim

Le président avait fait de la fermeture de la centrale nucléaire une promesse phare de sa campagne en 2012. Mais à l'issue de son quinquennat, le sort de la plus ancienne centrale du parc français n'est toujours pas tranché.

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C'est l'histoire d'une promesse non tenue. "Une seule centrale fermera, une, Fessenheim. On me dit, mais pourquoi Fessenheim ? (...) C'est la plus vieille de France. Elle se trouve, en plus, sur une zone sismique, à côté du canal d'Alsace", avait déclaré François Hollande le 2 mai 2012. Ce jour-là, il fait face à Nicolas Sarkozy, qui était alors le président sortant. C'est le débat de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle.

Quelques mois plus tard, élu président de la République, il évoque le sujet dans une allocution prononcée à l'occasion de la première conférence environnementale. "La centrale de Fessenheim, qui est la plus ancienne de notre parc, sera fermée à la fin de l'année 2016", précise-t-il le 14 septembre 2012. Il le répète le 20 septembre 2013, en ouverture de la deuxième conférence environnementale.

Pas de fermeture en 2016

L'année suivante, c'est silence radio. Fin septembre 2015, soit deux mois avant l'ouverture à Paris de la COP21, la conférence sur le climat, François Hollande donne une interview au Parisien magazine sur l'environnement. Et à la question : "La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin) sera-t-elle fermée d'ici à la fin 2016, comme vous vous y étiez engagé pendant la campagne présidentielle ?", il répond par la négative. "En 2016, non, car la construction de l'EPR de Flamanville (Manche) a pris beaucoup de retard. Mais, ce qui importe, c'est d'engager toutes les procédures pour fermer Fessenheim. Nous le faisons. On pourra dire alors que c'est irréversible."

C'est un premier revirement officiel. La deuxième volte-face s'opère le 25 avril 2016, lors de la quatrième conférence environnementale. "Fermer des centrales n'est pas une décision qui s'improvise, elle doit se faire selon un calendrier précis, dans le respect des personnels, des territoires et de nos engagements en matière de climat. Ce mouvement commence avec Fessenheim. Les discussions sont en cours entre l'Etat et EDF sur les conditions de cette opération et notamment sur l’indemnisation", reconnaît-il finalement.

Trois conditions à la fermeture pour EDF

Car l'arrêt de Fessenheim est aussi une histoire d'accord financier. Il donnera droit à une indemnisation pour EDF, s'il est entériné : les administrateurs ont adopté, en janvier, un protocole d'accord prévoyant le versement par l'Etat d'au moins 489 millions d'euros. Ils avaient alors subordonné la présentation de la demande d'abrogation à trois conditions, désormais réunies : l'absence d'opposition de la Commission européenne à l'accord d'indemnisation, l'autorisation de poursuivre la construction de l'EPR de Flamanville et la possibilité de continuer à exploiter le réacteur 2 de la centrale de Paluel (Seine-Maritime).

Cette demande devra ensuite faire l'objet d'un décret gouvernemental. Après quoi, EDF devra préparer la déclaration de mise à l'arrêt de Fessenheim. C'est un volumineux dossier contenant tout le plan de démantèlement, élaboré en lien avec l'Autorité de sûreté nucléaire, qui devra à son tour être confirmée par décret.

La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), le 14 mars 2011.
La centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), le 14 mars 2011. (FREDERICK FLORIN / AFP)