Déchets nucléaires : EDF confirme un projet de nouvelle piscine de stockage, "plusieurs sites sont à l'étude"

Si EDF confirme mardi à franceinfo sa volonté de construire une nouvelle piscine de stockage de déchets nucléaires, l'électricien ne dit pas si le site de Belleville-sur-Loire a bien été retenu.

La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher).
La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher). (ALAIN JOCARD / AFP)

EDF confirme mardi 13 février un projet de création d'une nouvelle piscine de stockage de déchets radioactifs mais n'a pas confirmé, ni infirmé, avoir choisi la centrale de Belleville-sur-Loire (Cher) pour la construire, comme l'a révélé le site d'information écologiste Reporterre. Le service de presse d'EDF, contacté par franceinfo mardi matin, assure que "plusieurs sites sont à l'étude" et que la "décision n'a pas été prise. La réflexion est en cours".

EDF ne "nie pas le projet de création de piscine d'entreposage", et explique qu'un  dossier d'option de sûreté a été déposé en 2017"Sur le principe de créer ce type de structure, on ne nie pas, le projet est lancé", indique le service de presse d'EDF.

L'ASN rendra son avis début 2019

De son côté, l'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), contactée par franceinfo, a précisé que le dossier reçu l'année dernière "ne précise aucun site". "Nous sommes en train d'instruire le dossier sur le concept d'une piscine centralisée", précise le gendarme du nucléaire. L'ASN rendra son avis début 2019. Ensuite, "à EDF de dire quel est l'endroit qu'elle envisage" pour construire ce nouveau bassin de stockage, un choix qui sera soumis à un nouvel examen.

Le projet en question, selon Reporterre, est de créer le deuxième plus grand site de stockage de déchets radioactifs de France après celui de La Hague (Manche). Des combustibles comme le MOX, mélange de plutonium et d'uranium, considéré comme l'un des plus dangereux, y seraient entreposés. Le site de Belleville-sur-Loire réunirait les critères : positionnement central, espace pour construire, desserte ferroviaire (jugée moins dangereuse pour transporter les déchets que la route). 

Ce projet de nouvelle piscine de stockage est également mentionné dans le Plan national de gestion des matières et des déchets radioactifs 2016-2018, qui pilote la politique de gestion des déchets et évalue les besoins futurs. Selon ce plan, d'ici 2025, il n'y aura plus assez d'espaces dans les centres de stockage actuels (deux dans l'Aube, un dans La Manche).

Au moins 15 ans pour construire la piscine

Le site Reporterre dénonce enfin l'opacité qui règne autour de ce projet. Aucun élu n'a souhaité lui répondre. EDF doit déposer une demande d'autorisation de création d'ici le 31 décembre 2020. Il faudra ensuite au moins 15 ans pour construire cette nouvelle piscine de stockage de déchets radioactifs.

Par ailleurs, pour Yves Marignac, consultant spécialiste du nucléaire et porte-parole de l'association négaWatt interrogé mardi sur franceinfo, ce site "est techniquement celui qui apparaît le plus approprié". Le site respecte d'abord un critère de "centralité sur le territoire national", intéressant pour EDF puisque le combustible à entreposer arrive des centrales de toute la France. Ensuite, "il y a de la place" sur le site de Belleville-sur-Loire, "qui est accessible du Nord comme du Sud par les moyens de transport et en particulier les moyens ferroviaires", d'après l'expert. Enfin, cette option "évite de créer un nouveau site nucléaire, ce qui est aujourd'hui très compliqué", poursuit-il.