Annulation du décret de fermeture de Fessenheim : "On était les premiers à dire qu'il était complètement invalide", assure Greenpeace

Yannick Rousselet, de Greenpeace France, estime que la décision du Conseil d'État est "logique".

Yannick Rousselet, en charge des questions nucléaires chez Greenpeace, le 14 septembre 2015.
Yannick Rousselet, en charge des questions nucléaires chez Greenpeace, le 14 septembre 2015. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

"Lorsque que Ségolène Royal avait annoncé ce décret, on était les premiers à dire qu'il était complètement invalide", a affirmé jeudi 25 octobre sur franceinfo Yannick Rousselet, chargé des questions nucléaires chez Greenpeace France, après l'annulation par le Conseil d'État de ce décret de fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin (Haut-Rhin). Il a précisé : "Rien ne lui permettait de faire cela, elle a voulu faire un petit coup politique, mais sur le fond, au niveau du droit administratif, ça n'avait pas de sens. Que la mairie de Fessenheim et des syndicats se portent devant le tribunal, c'est logique. La décision du tribunal aujourd'hui n'est pas surprenante, mais logique".

Préparer l'avenir

La centrale alsacienne de Fessenheim devait fermer au moment de la mise en service de l'EPR de Flamanville. Mais d'après Yannick Rousselet, "l'argument d'EDF ne tenait pas". Selon lui, "on n'était pas du tout obligé d'attendre l'EPR pour fermer Fessenheim ! On pouvait fermer Fessenheim quand on voulait. Maintenant, la question ne se pose plus, car l'EPR a toutes les chances de ne pas être terminé en 2020 à cause des malfaçons à répétition. L'EPR ne démarrera pas en 2020 et de toute façon le réacteur de Fessenheim aura 40 ans à cette date-là. D'un point de vue pratique, il n'y aura pas de corrélation entre les deux."

Selon Yannick Rousselet, il faut préparer l'avenir. "Il est clair qu'aujourd'hui, tout le monde doit se mettre autour de la table pour préparer l'après Fessenheim, car c'est maintenant inéluctable. La question maintenant, c'est : combien d'autres réacteurs vont fermer et à quel moment ?", a-t-il expliqué, avant d'ajouter : "À force d'avoir pris des non-décisions, il y a eu des illusions [de la part] des personnes de l'économie locale, que tout ça pouvait continuer à durer. EDF a la responsabilité considérable d'avoir laissé croire que tout allait continuer comme avant. Du coup, les gens ont trainé des pieds. Mais ils se sont enfin rendu compte que c'était inéluctable. Je pense qu'enfin ils vont se tourner vers l'avenir et il est grand temps !".

Énergies renouvelables

Yannick Rousselet espère désormais voir se développer les énergies renouvelables : "Il faut annoncer aujourd'hui le plan de développement de l'hydrolien, de l'éolien offshore, avoir des mesures concrètes sur l'isolation thermique, le transport, etc. C'est ça que l'on attend et le problème, c'est que l'on a un verrou : nos réacteurs nucléaires empêchent aujourd'hui le développement de tout ça. Il faut des mesures structurantes, une annonce d'une série de fermetures de réacteurs pour lancer ces nouveaux programmes".