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"Triangle rose", "machisme ordinaire" : nouvelle soirée tendue à l'Assemblée

Les députés ont débattu jusqu'à tard dans la nuit autour du projet de loi sur le droit au mariage des couples de même sexe. Non sans heurts.

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La ministre de la Justice, Christiane Taubira (à gauche) et la ministre déléguée à la Famille, Dominique Bertinotti, sur les bancs de l'Assemblée Nationale, le 4 février 2013. (JOEL SAGET / AFP)

Nouvelle prise de bec dans l'hémicycle. Le chef de file des députés UMP, Christian Jacob et la ministre de la justice, Christiane Taubira, se sont affrontés lundi 4 février, à l'issue d'une nouvelle soirée de débat sur les bancs de l'Assemblée nationale où se tiennent les débat sur le projet de loi sur le mariage des couples de même sexe. Retour sur cette soirée de passe d'armes. 

Jacob à Taubira s'écharpent sur le "triangle rose"

Une intervention d'Elie Aboud a mis le feu aux poudres. Disant regarder "son collègue PS de l'Hérault Christian Assaf", l'élu UMP a déclaré qu'un "pédopsychiatre reconnu (...) alerte toute la société et ce n'est pas du triangle rose qu'il parle mais d'un triangle noir", faisant une allusion aux symboles utilisés par les nazis dans les camps de concentration pour identifier les homosexuels. 

Cette comparaison a suscité la colère de la garde des Sceaux. Christiane Taubira a aussitôt jugé "inqualifiable de faire un mot d'esprit sur une expression pareille". Dans le brouhaha des sifflets de la droite et applaudissements de la gauche, le chef de file des députés UMP Christian Jacob lui a alors lancé: "Vous êtes indigne des responsabilités que vous exercez !" Et de souligner que "ce sont les socialistes qui, alors que monsieur Mariton s'exprimait [la semaine dernière], ont évoqué le triangle rose".

Le député PS Christian Assaf avait en effet lancé mercredi dernier que "le temps du triangle rose est terminé", ce qui avait révolté l'UMP.

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Bertinotti dénonce le "machisme ordinaire"

La ministre déléguée à la Famille a également élevé la voix lundi soir. Après une remarque de Christian Jacob, inaudible des tribunes de presse, Dominique Bertinotti s'est adressée au chef de file des députés de l'opposition pour dénoncer le "machisme ordinaire" découvert "lorsque je suis entrée en politique et lorsque, effectivement choisie pour représenter mon propre parti, j'ai entendu dire que 'pour prendre une veste, une femme ferait bien l'affaire'".

Alors que Christiane Taubira a demandé Christian Jacob ce qui le conduisait à "être aussi désobligeant à l'égard de la ministre",  absente "exceptionnellement" la nuit précédente, le député UMP Xavier Breton s'est déclaré "surpris de voir que Mme la ministre de la Famille n'ait que l'argument de la condition féminine alors qu'on lui demande pourquoi elle n'était pas présente (...) Ce n'est pas votre condition féminine qui vous exonère de vos responsabilités ministérielles", a-t-il lancé. 

Interrogé, à la pause du dîner, sur la teneur de son propos, le chef de file des députés UMP a affirmé dans les couloirs de l'Assemblée qu'il avait à nouveau critiqué l'absence, "inacceptable" à ses yeux, de la ministre déléguée à la Famille des bancs du gouvernement dans la nuit de dimanche à lundi. La ministre a quant à elle renouvelé ses accusations : "venant d'une UMP où la parité est loin d'être respectée, je me sens tout à fait légitime pour évoquer le machisme d'un certain nombre de membres de l'UMP", a-t-elle dit. 

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