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Mariage homosexuel à Arcangues : le maire hostile va "reconsidérer" sa position

Jean-Michel Colo a indiqué, le 7 juin, son refus d'unir Jean-Michel Martin et Guy Espel-Martineau, un couple habitant dans la petite commune du Pays basque.

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France Télévisions
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Jean-Michel Colo, maire de la ville d'Arcangues (Pyrénées-Atlantiques), explique en conférence de presse, le 5 juin 2013, son intention de refuser de célébrer des mariages d'homosexuels, en dépit de la loi l'autorisant.  ( AFP )

"Lorsque nous avons pris la décision de nous marier, nous voulions être le plus discrets possible. C'est raté !" reconnaît l'aspirant jeune marié Guy Espel-Martineau dans un billet publié jeudi sur Le Plus du Nouvel Obs. Homosexuel, il a essuyé, le 7 juin, le très médiatique refus du maire d'Arcangues (Pyrénées-Atlantiques) de l'unir à son compagnon, en dépit de la promulgation de la loi sur le mariage pour tous.

Mais vendredi 13 juin, l'édile (divers droite), Jean-Michel Colo, a annoncé qu'il allait bientôt se réunir avec l'exécutif municipal pour "reconsidérer sa position." Francetv info revient sur les issues possibles. 

Réfléchir encore un peu 

Dans un communiqué lu à une correspondante de l'AFP, le maire a indiqué qu'après une réunion jeudi soir avec ses six adjoints, l'exécutif municipal d'Arcangues a décidé de "s'accorder un temps de réflexion afin de ne pas céder au tribunal médiatique". 

"L'exécutif municipal a donc décidé de se retrouver prochainement pour reconsidérer sa position, souhaitant avancer à son rythme", a-t-il ajouté, rappelant avoir le soutien de ses adjoints "dans le refus de célébrer des mariages gay".

Pour Guy Espel-Martineau, "le temps de la réflexion pour monsieur Colo et ses adjoints est passé. Ils jouent avec nos nerfs. Nous sommes meurtris et il n'y a pas que nous, si l'on en croit les appels que nous recevons", a-t-il déclaré. "Soit ils disent 'oui', soit ils disent 'non'. Il n'y a pas à attendre. Nous allons déposer notre dossier à l'état civil, à la mairie", a-t-il ajouté.  Le couple a d'ores et déjà prévenu qu'il avait adressé une lettre à la ministre de la Justice Christiane Taubira. Dans ce courrier, daté du 10 juin, ils lui retournent leurs cartes d'électeurs.

Déléguer à une conseillère municipale 

C'est la solution la plus vraisemblable pour éviter que l'édile ne soit sanctionné. Deux conseillères municipales du village ont d'ores et déjà offert une solution cette semaine au maire et à ses adjoints, en proposant de procéder l'une ou l'autre au mariage gay par délégation.

Payer une lourde amende 

La pression s'est accrue ces derniers jours sur l'édile qui considère la loi instaurant le mariage pour tous comme"illégitime."

Avec ce refus prononcé le 7 juin, le maire d'Arcangues s'est attiré les condamnations de nombreuses associations et partis politiques, mais aussi les menaces du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, qui a rappelé que les maires réfractaires s'exposaient à des "sanctions importantes" : une révocation accompagnée d'un an d'inéligibilité ainsi que trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende, rappelle Le Monde.fr. Dans un entretien accordé au Figaro le 10 juin, le maire a prévenu, déterminé : "Je sais ce que je risque !"

Le maire a été rappelé à l'ordre par la sous-préfecture de Bayonne, poursuit le quotidien, et "pointé du doigt par les parlementaires du département."

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