Les débordements se multiplient en marge du débat sur le mariage pour tous

Un bar gay a été saccagé à Lille, douze personnes ont été placées en garde à vue et deux journalistes ont été agressés à Paris...

Des manifestants du collectif la Manif pour tous face aux forces de l\'ordre, aux abords de l\'Assemblée nationale, à Paris, le 17 avril 2013.
Des manifestants du collectif la Manif pour tous face aux forces de l'ordre, aux abords de l'Assemblée nationale, à Paris, le 17 avril 2013. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Alors que le projet de loi sur le mariage pour tous est en seconde lecture à l'Assemblée nationale, les militants de la Manif pour tous ne désarment pas. Dans le même temps, les violences contre les homosexuels et les dérapages en marge des actions des anti-mariage se multiplient. Francetv info fait le bilan des divers incidents survenus mercredi 17 et jeudi 18 avril.

Un bar gay saccagé à Lille

"Des skinheads ont envoyé des tables et des chaises dans les vitrines, avant de s'en prendre aux clients attablés en terrasse." Mercredi dans la soirée, un bar gay de Lille (Nord) a été saccagé par un groupe de quatre hommes. Les quatre agresseurs ont également proféré des injures homophobes avant d'être mis en fuite par les clients. Ils ont été arrêtés et placés en garde à vue, a annoncé jeudi la Fédération des associations et centres lesbiens, gays, bi et trans en France.

France 3 Nord Pas-de-Calais- Olivier Martin et Alice Rougerie

Par ailleurs, un bar de gay de Bordeaux (Gironde) a également été saccagé jeudi vers 1h30 par deux personnes armées. Cependant, aucun élément n'indique qu'il s'agit d'une agression homophobe. 

Douze personnes en garde à vue à Paris

Un rassemblement de la Manif pour tous aux abords de l'Assemblée nationale a réuni mercredi entre 2 400 personnes – selon la police – et 8 000 – selon le collectif. Quelques centaines de manifestants sont restées sur les lieux alors que l'événement était autorisé jusqu'à 22 heures. Certains ont alors lancé des fusées, des bouteilles et des pierres sur les CRS, et ont brisé les vitres d'une voiture.

La préfecture de police de Paris indique jeudi que douze personnes ont été placées en garde à vue pour des faits de "violences volontaires sur agents publics avec armes par destination", "dégradations volontaires"et "rébellion".

Deux journalistes agressés à Paris

En marge de ce rassemblement devant l'Assemblée nationale, deux journalistes, un homme et une femme, de la chaîne de télé LCP-Assemblée nationale ont été "agressés", a annoncé jeudi la chaîne. Les deux reporters et la chaîne "vont porter plainte", précise LCP. Leur matériel a été détruit, comme l'indiquait dès mercredi soir un journaliste de la chaîne :

Des heurts devant un bureau du PS de Lyon

Une quinzaine de militants des Jeunesses nationalistes ont tenté d'occuper la permanence lyonnaise du Parti socialiste. Ils étaient menés par Alexandre Gabriac, exclu du Front national en 2011 après avoir posé devant un drapeau à croix gammée en faisant le salut nazi. Le groupe s'est présenté derrière une banderole avec les mots "Mariage, adoption, pas question", en tentant de forcer l'entrée du bureau du PS.

Après une demi-heure de heurts avec les forces de l'ordre, huit manifestants, dont le leader du groupe, ont été interpellés et placés en garde à vue pour "trouble à l'ordre public".

Des députés vendéens menacés de mort 

Deux députés socialistes de Vendée, Sylviane Bulteau et Hugues Fourage, ont reçu des lettres de menaces mercredi. "C'est une menace d'enlèvement et après de me faire sauter aux explosifs. Donc, c'est l'œuvre de quelqu'un d'assez déséquilibré mais on fait attention quand même", indique Sylviane Bulteau. Dans son courrier, l'auteur lui reproche "d'être de ceux qui veulent changer les bases de notre civilisation". "Par cet ultimatum nous signifions à l'otage [la députée] que si la loi scélérate du mariage pour tous est votée, il paiera le prix fort !"

Hugues Fourage a, lui, reçu des menaces de saccage de sa maison. Les deux élus ont fait savoir qu'ils ont l'intention de porter plainte.

Face à Face entre "pro" et "anti" à Nantes

Plusieurs centaines de militants anti et pro-mariage homosexuel se sont retrouvés face à face jeudi 18 avril au soir à Nantes (Loire-Atlantique). Sur une place du centre-ville, ils étaient séparés par une double rangée de CRS qui s'efforçaient d'éviter la confrontation, a constaté une journaliste de l'AFP. A l'origine, l'appel à manifester avait été lancé par les opposants et leurs contradicteurs avaient décidé, en cours d'après-midi, de se mobiliser en réaction.

Les premiers ont commencé à défiler sous protection policière, vers 21 heures, tandis que les "pro" essayaient de contourner les forces de l'ordre pour parvenir à la hauteur du cortège. Un militant pro-mariage a été interpellé.