Nouvelles tensions après le vote du mariage pour tous au Sénat

Des heurts ont éclaté vendredi soir en marge d'une manifestation des opposants au mariage pour tous, aux abords du Palais du Luxembourg.

Les opposants au mariage pour tous manifestants à proximité du Sénat, à Paris, le 12 avril 2013, avec à leur tête Frigide Barjot.
Les opposants au mariage pour tous manifestants à proximité du Sénat, à Paris, le 12 avril 2013, avec à leur tête Frigide Barjot. (FRED DUFOUR / AFP)

Plusieurs milliers d'opposants au mariage pour tous ont manifesté vendredi 12 avril au soir à Paris, après le vote au Sénat du projet de loi ouvrant le mariage aux homos. Ils étaient 2 300 selon la police, 7 500 selon les organisateurs. C'est d'abord dans une ambiance bon enfant que les opposants au texte sont descendus dans la rue vers 19 heures. Brandissant leurs drapeaux roses et bleus, sifflets à la bouche, les manifestants ont défilé sur les principales artères du Quartier Latin aux cris de "François, ta loi on en veut pas!" "François, retire ta loi" ou "Hollande dictateur!".

L'accélération de la procédure législative pour ce texte, qui va revenir à l'Assemblée le 17 avril pour y être définitivement adopté, a fait gronder ces opposants. Dans les mots d'abord : "Ça s'appelle un hold-up de vote, un déni de démocratie", a déclaré au départ de la manifestation Frigide Barjot, chef de file de la Manif pour tous. Nous manifesterons jusqu'après la promulgation!", a-t-elle affirmé, appelant même ses troupes à rejoindre les partisans de Jean-Luc Mélenchon pour sa manifestation le 5 mai contre "l'austérité et pour un grand coup de balai". Puis le leader des opposants au mariage homosexuel a prédit une radicalisation du mouvement : "J'appelle au calme mais la violence vient du gouvernement (...). A la violence il ne faudra pas s'étonner que réponde la colère!"

Gaz lacrymogènes

Peu avant 22h00, la tension est montée d'un cran. Plusieurs centaines de manifestants, dont certains appartenaient au mouvement traditionaliste Civitas, ont d'abord tenté de gagner le Sénat aux cris de "Hollande démission". Rue de Médicis, une artère qui longe le jardin du Luxembourg, certains d'entre eux s'en sont alors pris à des gendarmes mobiles, qui ont répondu par des tirs de gaz lacrymogènes. 200 personnes se sont ensuite regroupées dans une ambiance plus calme devant le Panthéon, brandissant une banderole "Hollande ne soit pas têtu", allusion au magazine emblématique de la communauté homosexuelle. Les derniers manifestants se sont ensuite dispersés sans heurts.

Plus tard dans la nuit, c'est devant le domicile du député écologiste François De Rugy que certains manifestants ont décidé de poursuivre leur contestation. Comme le relate BFMTV, ils l'ont bruyamment réveillé à 6h30 du matin. Ce qu'a dénoncé le parlementaire sur Twitter.