Birmanie : un candidat aux élections affiche son homosexualité, une première

Myo Min Tun a décidé de se lancer en politique quand des amis transgenres lui ont raconté avoir été "victimes d'humiliations et de violences policières".

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France Télévisions
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Myo Min Tun, candidat aux élections en Birmanie, le 12 septembre 2020, à Mandalay.  (YE NAING YE / AFP)

"Je ne voulais pas mentir." En campagne pour les élections du 8 novembre en Birmanie, Myo Min Tun affiche ouvertement son homosexualité. Il s'agit d'une première dans le pays où les relations entre personnes de même sexe restent illégales, même si les mentalités commencent à évoluer.

Le parti d'Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), n'a pratiquement rien fait pour la communauté gay depuis sa prise de pouvoir en 2015, assurent des associations. La loi héritée de l'époque coloniale britannique qui punit jusqu'à dix ans de prison les relations homosexuelles n'est plus appliquée strictement, mais elle est toujours en vigueur, responsable de discriminations et de harcèlements, d'après ses détracteurs.

"Etre un pionnier pour les personnes LGBT"

Déçu, Myo Min Tun a décidé de se lancer en politique quand des amis transgenres lui ont raconté avoir été "victimes d'humiliations et de violences policières". En pleine campagne électorale pour renouveler le Parlement et les assemblées régionales, ce fleuriste de 39 ans, qui brigue un mandat de conseiller régional à Mandalay (centre), a décidé pour la première fois d'afficher ouvertement son homosexualité.

J'ai réalisé qu'il n'y avait personne au Parlement pour parler de cela.

Myo Min Tun

à l'AFP

"Je fais cela pour être un pionnier afin que toutes les personnes LGBT sachent que nous pouvons être qui nous voulons", relève le candidat qui s'est aussi consacré à la lutte contre le sida dans une ONG. L'an dernier, le suicide d'un bibliothécaire, victime présumée de harcèlement homophobe sur son lieu de travail, a suscité un émoi sans précédent dans la communauté homosexuelle. Mais l'enquête a exclu toute responsabilité de l'employeur dans ce décès, décrivant le jeune homme comme "mentalement faible", preuve des préjugés encore nombreux dans le pays conservateur.

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