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Les policiers et gendarmes toujours opposés au matricule

La colère des policiers et des gendarmes. Ils sont très remontés contre le retour de l'obligation de porter un matricule à partir du 1er janvier. Une décision prise par Manuel Valls, le ministre de l'Intérieur, qui est vécue comme un signe de défiance par les forces de l'ordre. 
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
  (Maxppp)

Qu'ils portent un
uniforme ou qu'ils soient en civil, tous les policiers et gendarmes de France
vont devoir arborer un matricule
 à partir du 1er janvier prochain. Un
matricule qui les identifiera, personnellement mais qui "n'est pas un
signe de défiance
", affirme le Ministre de l'Intérieur, Manuel Valls. 

Mais les policiers n'ont pas le même avis. Et ils sont bien
décidés à protester contre cet insigne qu'ils rejettent à l'unanimité. De nombreux policiers
et gendarmes l'ont déjà reçu. "Le mien est dans sa boîte, et je ne sais
même plus où je l'ai mis
", confie d'un air boudeur et provocateur, un
policier en colère.

Pour la première fois dans l'histoire de la police, tous
les syndicats de gardiens de la paix ou de commissaires ont voté à l'unanimité contre cet insigne. Deux rejets successifs à quelques jours d'intervalle. Les
syndicats de police ne comprennent pas pourquoi Manuel Valls insiste pour leur
faire porter ce numéro, après avoir rejeté l'idée d'un récépissé pour les
contrôles d'identité.

Les policiers se sentent mis à l'index 

Ce matricule est stigmatisant, s'agace Jean-Claude Delage, secrétaire général du syndicat
Alliance. "Il sera porté sur la tenue ou sur les brassards 'police' ",
détaille-t-il. "Les policiers se sentent mis à l'index par leur propre
ministère d'emploi, celui de l'intérieur
". Le syndicat envisage de mener
des actions dans les prochaines semaines.

"Le matricule est une mauvaise réponse à une bonne question ", ajoute le syndicat majoritaire des gardiens de la paix SGP Unité Police FO. "La
bonne question, dit Nicolas Comte le patron de ce syndicat, c'est comment faire
pour combler ce fossé qui s'est creusé entre la police et la population.
"  Selon lui, le matricule "laisse penser que c'est de la faute du policier alors qu'il est l'une des premières victimes de
cette fracture. On fait du policier un bouc émissaire, en tous cas c'est comme
ca que c'est perçu
".

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