13h15, France 2

VIDEO. 13h15. Air Cocaïne : "Une opération montée de toutes pièces"

Les quatre Français impliqués dans la plus grosse opération antidrogue jamais réalisée en République dominicaine, en 2013, ont été condamnés en août à vingt ans de prison. Ils nient avoir transporté les 700 kilos de cocaïne découverts dans leur Falcon 50. Extrait de "13h15 le samedi" du 19 septembre.

La police antidrogue de la République dominicaine (DNCD) a réalisé une vidéo lors de la saisie, sur l'aéroport de Punta Cana, de 700 kilos de cocaïne à l'intérieur du Falcon 50 piloté par Bruno Odos et Pascal Fauret, qui avait à son bord deux autres Français : l'organisateur du vol Alain Castany et le passager Nicolas Pisapia. Le magazine "13h15 le samedi" a montré cette vidéo aux deux pilotes encore incarcérés avant la tenue de leur procès, qui les condamnera finalement, le 15 août 2015, à vingt ans de prison.

Les deux anciens pilotes de l'Aéronavale reconvertis dans l'aviation d'affaires découvrent pour la première fois ce document qui est pour eux un montage, une manipulation : "La séquence sur le parking en elle-même a duré à peu près trois heures... Ici, entre la première image et la dernière, il ne s'est pas passé quinze secondes", explique Pascal Fauret. En voyant les valises dans l'avion, le pilote affirme : "Ça, c'est eux qui l'ont chargé, avant de préciser : Dans le salon arrière, cinq valises étaient calées dans le U que forme l'arrière du sofa. Et c'était tout."

"Les Français étaient là au mauvais moment et au mauvais endroit"

Bruno Odos ajoute : "On voit un amas de valises et quelque chose de gris sur la gauche. C'était le conteneur de nourriture qui n'était pas là à l'origine, mais à l'avant. Tout cela a été bourré vers l'arrière et filmé à un moment... Et je ne sais pas lequel." De son côté, Pascal Fauret renchérit : "On nous a piégés et le piège était tendu spécialement pour nous... C'est une opération qui a été montée de toutes pièces... Malheureusement, Odos et moi nous trouvions là et depuis, on est toujours là."

"La DNCD a fait cette vidéo pour ne pas être accusée d'avoir violé des droits et d'avoir placé de la drogue, car c'est une pratique normale et fréquente dans ce pays, affirme l'avocat du syndicat des pilotes dominicains. Elle est connue pour deux activités : ils utilisent leurs saisies de drogue pour faire du trafic et ils placent de la drogue sur les gens. Le cœur du trafic ici, c'est la DNCD, et c'est pour cela que les accusés sont condamnés avant d'arriver au tribunal. Les pièces sont inventées de toutes pièces." Le président de ce syndicat conclut de son côté : "Les pilotes français étaient là au mauvais moment et au mauvais endroit."

(CAPTURE ECRAN / 13H15)