Affaire Tariq Ramadan : la première demande de remise en liberté du théologien a été rejetée

Accusé de viols par trois femmes en France, l'islamologue suisse Tariq Ramadan y est incarcéré depuis trois mois. 

Le théologien suisse Tariq Ramadan, le 7 avril 2012 au Bourget (Seine-Saint-Denis). 
Le théologien suisse Tariq Ramadan, le 7 avril 2012 au Bourget (Seine-Saint-Denis).  (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Tariq Ramadan reste pour l'instant incarcéré. Le théologien suisse de 55 ans, accusé de viols par trois femmes en France et incarcéré depuis trois mois, s'est vu refuser une première demande de remise en liberté, a annoncé son avocat à l'AFP, lundi 7 mai. Cette demande a été rejetée par la justice vendredi, a-t-il précisé. 

"Nous avons été notifié aujourd'hui et j'ai immédiatement interjeté appel", a déclaré Emmanuel Marsigny, dénonçant une décision "invraisemblable" du juge des libertés et de la détention (JLD).

L'intellectuel musulman, atteint d'une sclérose en plaques, est incarcéré depuis sa mise en examen le 2 février à Paris, pour viol et viol sur personne vulnérable. Le traitement de sa maladie a été jugé compatible avec sa détention. L'enquête a été déclenchée en octobre par les plaintes de deux femmes, rejointes en mars par une troisième. Une quatrième femme a également déposé plainte pour viol à Genève.

Une demande déposée le 24 avril

"Le parquet, le magistrat instructeur et le JLD refusent de prendre en compte les éléments à décharge", a dénoncé l'avocat de Tariq Ramadan, pointant "les mensonges des accusatrices" et des incohérences dans leurs récits. "Cette décision traduit le manque d'objectivité et d'impartialité de l'ensemble de la chaîne pénale - policiers et magistrats - impliquée dans cette affaire", a-t-il affirmé. "Je m'apprête d'ailleurs à demander le dessaisissement du service enquêteur".

Transféré en mars de la prison de Fleury-Mérogis (Essonne) à l'hôpital de celle de Fresnes (Val-de-Marne), Tariq Ramadan avait déposé cette première demande de mise en liberté le 24 avril, au lendemain de l'expertise judiciaire qui a estimé sa détention possible, à condition de "continuer à bénéficier de l'accès aux soins".

Selon Emmanuel Marsigny, l'établissement de "Fresnes est incapable de lui assurer ses quatre séances de kinésithérapie hebdomadaire, M. Ramadan n'a eu qu'une seule de séance depuis le 26 avril".